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Hommage national à l’ex-premier ministre français Lionel Jospin

«Un repère dans notre histoire et notre esprit.»

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L'ancien premier ministre français Lionel Jospin assiste à la cérémonie funéraire de la créatrice de mode française Sonia Rykiel au cimetière du Montparnasse à Paris, le mercredi 1er septembre 2016. L'ancien premier ministre français Lionel Jospin assiste à la cérémonie funéraire de la créatrice de mode française Sonia Rykiel au cimetière du Montparnasse à Paris, le mercredi 1er septembre 2016. (Francois Mori)

«Un repère dans notre histoire et notre esprit»: le président français Emmanuel Macron a rendu jeudi à Paris un hommage national à l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin qui avait, à la tête de la «gauche plurielle», modernisé la France «de manière inédite».

Chef du gouvernement de 1997 à 2002, une longévité alors jamais vue sous la Ve République, l’homme d’État décédé dimanche à l’âge de 88 ans a «modernisé la vie économique, sociale et démocratique de la Nation de manière inédite», faisant «entrer la France dans ce siècle qui s’ouvrait», a déclaré le président de la République dans son discours.

En présence de sa veuve, la philosophe Sylviane Agacinski, il a insisté à plusieurs reprises sur le sens de la «rigueur» de cet «héritier» des hommes politiques français de gauche Jean Jaurès (1859-1914), Léon Blum (1872-1950) et François Mitterrand (1916-1996).

Le chef de l’État a rappelé ses réformes: réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, couverture maladie universelle et contrat d’union civile (Pacs), précurseur du mariage pour tous.

La cérémonie a été l’occasion d’une réunion de la «gauche plurielle» que Lionel Jospin avait réussi à rassembler. Un contraste avec les divisions minant aujourd’hui les gauches radicale et sociale-démocrate devenues, pour certains, «irréconciliables».

Des figures de la gauche étaient aussi présentes, à commencer par l’ancien président François Hollande, qui était très proche de Lionel Jospin. Mais aussi la relève comme l’actuel patron du parti socialiste français Olivier Faure.

Funérailles publiques

Les funérailles se sont déroulées l’après-midi dans le cimetière parisien du Montparnasse en présence de sa famille, ses compagnons de route du PS, les personnalités socialistes d’aujourd’hui comme le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire ou celui de Marseille Benoît Payan, et une foule d’anonymes, souvent une rose à la main.

«Il faisait de la politique comme on n’en fait plus», avec «une parole où les mots étaient pesés (..) loin de la communication à outrance ou bien sûr de la violence», a salué Martine Aubry, sa ministre du Travail, très émue.

Sylviane Agacinski a raconté comment, dévastée à l’idée de savoir qu’elle allait le perdre, il l’avait apaisée en lui rappelant la «chance inouïe d’avoir vécu ensemble» 35 ans.

Lionel Jospin a été premier secrétaire du PS de 1981 à 1988 puis de 1995 à 1997, ministre de l’Éducation nationale de François Mitterrand entre 1988 et 1992 et premier ministre de cohabitation entre 1997 et 2002 sous Jacques Chirac.

Celui qui se définissait comme un «austère qui se marre» mena le rassemblement de la gauche à la victoire surprise aux législatives de 1997.

Lionel Jospin a également été candidat à deux reprises à l’élection présidentielle. En 1995, il avait perdu au second tour face à Jacques Chirac, et en 2002, il avait été éliminé dès le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat du parti d’extrême droite Front national.

Ce 21 avril 2002, resté comme l’un des séismes politiques de l’histoire contemporaine française, marqua aussi son retrait de la vie politique.

Depuis sa mort, un hommage unanime lui a été rendu, y compris par ses adversaires.