Les collectivités qui se remettent encore de l’ouragan qui a frappé Hawaï le week-end dernier pourraient être à nouveau frappées de plein fouet dans les prochains jours par un autre système tropical qui gagne en puissance au-dessus des eaux chaudes du Pacifique.
L’ouragan Lala a arraché les toits des maisons, déraciné des arbres, recouvert les routes de boue et de rochers et privé de nombreux foyers d’électricité.
Alors que des milliers de foyers et d’entreprises étaient encore privés d’électricité jeudi, les prévisionnistes ont averti qu’un autre cyclone tropical risquait de se former prochainement au sud-est des îles.
Une dépression se déplaçant vers l’ouest et le nord-ouest pourrait se transformer en tempête tropicale plus tard dans la journée de jeudi et passer près ou au sud de la Grande île d’Hawaï au cours du week-end, selon le Centre américain des ouragans du Pacifique central.
Ce système pourrait déverser jusqu’à 38 centimètres de pluie sur la Grande Île et provoquer des inondations, des glissements de terrain et des courants pouvant mettre des vies en danger, a ajouté le centre des ouragans.
Les prévisionnistes ont indiqué que la perturbation se situait à environ 1545 kilomètres à l’est-sud-est de Hilo, à Hawaï. Mais bien qu’elle doive continuer à se renforcer jusqu’au week-end, il était encore trop tôt pour prévoir sa trajectoire exacte ou l’ampleur de ses répercussions.
Le gouverneur d’Hawaï, Josh Green, et d’autres responsables de l’État ont prévu une conférence de presse jeudi après-midi pour évoquer les préparatifs face à l’approche de ce système, ainsi que les efforts de reconstruction en cours à la suite du passage de Lala, à qui l’on attribue deux décès.
Des habitants ont découvert mardi le corps d’un homme d’une soixantaine d’années dans un pâturage, un jour après que les autorités eurent retrouvé celui de May Doi, âgée de 93 ans, qui, selon ses voisins, tentait de fuir les eaux de crue qui envahissaient son domicile.
Mme Doi était une ancienne enseignante de maternelle très appréciée qui avait formé des générations d’habitants d’une petite ville de la Grande île d’Hawaï.
«Elle a enseigné aux petits-enfants de ses élèves, a raconté ʻĀina Akamu, une ancienne élève de Mme Doi, qui occupe aujourd’hui le poste de directrice adjointe dans une école locale. Elle faisait partie intégrante de cette communauté.»
La plus forte précipitation jamais enregistrée lors du passage de Lala, soit 1,1 mètre, s’est produite sur la côte nord-est de la Grande Île, a indiqué le Service météorologique national.
Des dizaines de maisons ont été emportées, des ponts ont été endommagés et environ 13 200 foyers de la Grande Île étaient toujours privés d’électricité jeudi.
Les efforts visant à rétablir l’électricité dans les zones les plus touchées de la Grande Île pourraient prendre au moins deux semaines, a indiqué la compagnie d’électricité Hawaiian Electric.
Lala est le premier ouragan majeur de 2026 dans le Pacifique central.
Se trouvant désormais bien à l’ouest des îles principales d’Hawaï, Lala présentait jeudi des vents soutenus atteignant 155 km/h et étendait des conditions cycloniques à certaines parties du Monument national marin de Papahanaumokuakea, une zone reculée située à l’extrémité nord-ouest de l’archipel hawaïen.
Les premiers effets se faisaient sentir entre l’île Lisianski et le récif de Maro, ont indiqué les autorités.
Les prévisionnistes ont indiqué que Lala continuerait de traverser les eaux du monument national marin pendant quelques jours et conserverait la force d’un ouragan tout au long du week-end.
Même dans cette zone vaste et isolée, les gens cherchaient à se mettre à l’abri. Un bateau affrété transportant un équipage de 16 personnes, chargé de retirer les déchets plastiques marins et les filets de pêche abandonnés des côtes des îles du nord-ouest d’Hawaï, s’est écarté cette semaine de la trajectoire prévue de Lala.
Kevin O’Brien, président de l’association à but non lucratif Papahanaumokuakea Marine Debris Project, a mentionné que le navire avait quitté l’île de Lisianski lundi et s’était dirigé à des centaines de kilomètres au large.
«Nous étions prêts à y faire face, a affirmé M. O’Brien. Nous restons sur le qui-vive ici pendant la saison des ouragans.»
