Le ministre turc des Affaires étrangères a affirmé mercredi à Kyiv que son pays ne souhaitait pas voir la guerre entre l’Ukraine et la Russie s’étendre à la région de la mer Noire, indiquant qu’il «intensifiait les contacts» avec les deux pays pour une reprise des négociations.
«Nous ne voulons pas que la guerre s’étende à la mer Noire», dont fait partie la Turquie, a déclaré Hakan Fidan aux côtés de son homologue ukrainien, Andriï Sybiga.
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine il y a plus de quatre ans, Kyiv et Moscou ont mené de multiples attaques contre des navires en mer Noire, axe stratégique pour les exportations des deux pays.
«Il est tout simplement incompréhensible qu’une guerre en Europe se poursuive pendant 5 ans au XXIᵉ siècle. Nous avons plus que jamais besoin de paix», a déclaré M. Fidan, ajoutant qu’«il serait extrêmement bénéfique que les négociations en Turquie se poursuivent.»
«Nous intensifions nos contacts diplomatiques avec les deux pays afin de renforcer les efforts de paix», a-t-il ajouté.
La visite de M. Fidan en Ukraine intervient dans un contexte d’impasse diplomatique et vise à relancer les discussions entre Kyiv et Moscou en vue de trouver une issue au conflit.
La Turquie a accueilli plusieurs cycles de pourparlers entre représentants russes et ukrainiens, d’abord au début de la guerre puis à nouveau en 2025, sans avancée majeure autre que des échanges de prisonniers à grande échelle.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a pour sa part assuré que le président Volodymyr Zelensky était prêt à rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine en Turquie.
Ce dernier a jusqu’à présent refusé de rencontrer le président ukrainien, estimant qu’un accord sur les grandes lignes d’un règlement devait être trouvé au préalable.
La Russie a dit ne pas voir de «perspectives rapides de reprise» des négociations.
«Nous savons bien que nos amis turcs sont prêts à continuer de contribuer au retour à une voie pacifique dans la situation autour de l’Ukraine. Nous leur en sommes reconnaissants», a déclaré jeudi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors de son point-presse quotidien auquel participait l’AFP.
«Pour l’instant, il n’y a pas vraiment de perspectives rapides de reprise du processus de négociation. Nous n’en constatons pas. Mais la partie russe, bien sûr, demeure ouverte à cette voie», a-t-il ajouté.
