Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a avancé lundi que la menace de droits de douane brandie par le président américain Donald Trump contre les alliés au sujet du Groenland était «totalement infondée» et qu’une guerre commerciale ne servait les intérêts de personne.
M. Trump a annoncé samedi l’instauration d’un droit de douane à l’importation de 10 % à compter de février sur les marchandises en provenance de huit pays européens, dont le Royaume-Uni, en raison de leur opposition au contrôle américain du Groenland.
Cette mesure pourrait mettre à l’épreuve les partenariats américains en Europe. Le Groenland est un territoire semi-autonome du Danemark, membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN).
Le président a indiqué que ces droits de douane étaient une riposte au déploiement, la semaine précédente, d’un nombre symbolique de troupes européennes au Groenland, qu’il juge essentiel pour le système de défense antimissile américain «Dôme d’or». Il a également affirmé que la Russie et la Chine pourraient tenter de s’emparer de l’île.
M. Starmer a mentionné que le Royaume-Uni soutenait le «droit fondamental» du Groenland et du Danemark à décider de l’avenir de cette île arctique.
Le premier ministre, qui s’est efforcé de nouer une relation solide avec M. Trump, a souligné que la relation entre le Royaume-Uni et les États-Unis était vitale et que «nous sommes déterminés à maintenir cette relation forte, constructive et axée sur les résultats». Il a toutefois précisé que cela ne signifiait pas ignorer les divergences.
Lors d’une conférence de presse à Londres, il a affirmé que «le pragmatisme ne rime pas avec passivité et que le partenariat n’implique pas l’abandon des principes».
Soucieux d’apaiser les tensions, M. Starmer a indiqué que le Royaume-Uni collaborerait avec ses alliés européens, l’OTAN et les États-Unis et «maintiendrait le dialogue ouvert».
Il a laissé entendre que le Royaume-Uni n’envisageait pas de mesures de rétorsion tarifaires.
«Nous n’en sommes pas encore là. Ma priorité est d’éviter d’en arriver là», a-t-il expliqué.
Six des huit pays visés font partie de l’Union européenne (UE), qui compte 27 États membres et fonctionne comme une zone économique unique en matière de commerce.
Le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré dimanche que les dirigeants de l’UE étaient «prêts à nous défendre contre toute forme de coercition». Il devrait convoquer un sommet des dirigeants de l’UE plus tard cette semaine.
Le ministre danois de la Défense et la ministre groenlandaise des Affaires étrangères devraient rencontrer lundi le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à Bruxelles. Cette rencontre était prévue avant la dernière escalade des tensions.
Dans une déclaration préalable, le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a indiqué que le Danemark et le Groenland bénéficiaient d’un large soutien en faveur d’un renforcement de l’OTAN dans l’Arctique et qu’ils aborderaient ce sujet avec M. Rutte.
