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Groenland: un Américain offre de l’argent pour signer une pétition sur le rattachement aux États-Unis

«C’est non seulement profondément inquiétant. C’est indécent.»

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Une femme tire son enfant sur un traîneau à Nuuk, au Groenland, le dimanche 25 janvier 2026. (Photo AP) Une femme tire son enfant sur un traîneau à Nuuk, au Groenland, le dimanche 25 janvier 2026. (Photo AP) (Evgeniy Maloletka)

Le premier ministre du Groenland Jens-Frederik Nielsen a critiqué jeudi les démarches d’un Américain non identifié qui aurait offert 200 000$ à des Groenlandais pour qu’ils signent une pétition en faveur du rattachement de ce territoire autonome danois aux États-Unis.

«Un étranger offre de l’argent pour une signature visant à annexer le Groenland à un autre pays. C’est non seulement profondément inquiétant. C’est indécent», s’est indigné M. Nielsen sur Facebook.

La chaîne de télévision groenlandaise KNR a rapporté jeudi qu’un «Américain mystérieux», qui s’est présenté sous le nom de «Cliff», avait proposé à un chauffeur de taxi à Nuuk, la capitale du Groenland, 200 000$ pour signer la pétition.

Le chauffeur de taxi, Danny Brandt, a déclaré à la chaîne qu’il avait refusé cette offre.

M. Brandt a raconté cet épisode sur les réseaux sociaux, et dans les commentaires, un internaute a indiqué s’être lui aussi vu proposer de l’argent pour signer la pétition.

Le chauffeur de taxi a rapporté l’incident à la police.

La liste des nombreuses acquisitions des États-Unis au cours de son histoire Tous les yeux sont rivés vers le Groenland depuis les propos du président américain Donald Trump, qui répète ad nauseam vouloir obtenir le territoire danois à tout prix.

La police groenlandaise a déclaré à l’AFP avoir «reçu des rapports dont on ne peut pas exclure qu’ils soient liés à la situation politique actuelle».

Elle n’a pas précisé le nombre d’informations reçues, ni leur contenu.

«Nous sommes une société démocratique. Notre avenir ne se négocie pas dans un taxi. Et il ne s’achète pas avec de l’argent», a souligné le premier ministre.

Le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis devaient annexer le territoire autonome danois pour assurer leur sécurité nationale.

En janvier, M. Trump a fait marche arrière après plusieurs semaines de rhétorique agressive, et annoncé avoir conclu un accord-cadre sur le Groenland avec le secrétaire général de l’OTAN, mais les contours de cet accord restent flous.

Le Danemark et le Groenland sont en pourparlers avec Washington sur l’avenir de l’île arctique.