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Groenland: les Danois se montrent prudents face à l'annonce de Trump

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Une personne marche à Nuuk, au Groenland, le jeudi 5 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Une personne marche à Nuuk, au Groenland, le jeudi 5 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

Le gouvernement danois s’est montré samedi prudent à la suite de l’annonce faite par Donald Trump d’un accord visant à renforcer la présence militaire américaine au Groenland tout en maintenant l’île sous contrôle danois.

Au Groenland, les principaux dirigeants de cette île de l’Arctique se sont fait l’écho de cette position en mentionnant que cet accord se faisait attendre depuis longtemps.

M. Trump a déclaré vendredi que l’accord donnerait aux États-Unis «le contrôle permanent de la sécurité et de tous les autres besoins au Groenland, répondant ainsi pleinement à toutes les nombreuses préoccupations» états-uniennes.

Le Danemark et les États-Unis sont déjà liés par un accord de sécurité de longue date qui permet aux États-Unis de déployer des forces au Groenland. On ne voit pas immédiatement en quoi cet accord différait de celui-ci.

À la suite de l’annonce de M. Trump, le cabinet de la première ministre danoise, Mette Frederiksen, a indiqué que l’accord serait signé par les trois gouvernements la semaine prochaine, lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Toutefois, il devra faire l’objet d’une procédure parlementaire au Danemark et au Groenland avant qu’il puisse entrer en vigueur.

«La semaine prochaine pourrait être une bonne semaine tant pour le Groenland que pour le Danemark et les États-Unis, a reconnu le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen. Une période d’incertitude sera, espérons-le, remplacée par un accord contraignant qui renforcera la sécurité dans l’Arctique et l’Atlantique Nord — et donc également notre sécurité commune au sein de l’OTAN et de l’Europe — tout en respectant les lignes rouges du Royaume.»

Le chef du gouvernement du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, s’est déclaré satisfait de cet accord qui, selon lui, «profite non seulement à la sécurité collective, mais aussi au développement continu du pays».

Le ministre des Affaires étrangères du Groenland, Múte B. Egede, s’est dit heureux qu’un accord soit désormais à portée de main.

M. Trump a déclaré qu’avec cet accord, les États-Unis entameraient «immédiatement» le processus visant à renforcer leur présence militaire sur ce territoire danois riche en minerais.

Les États-Unis ont longtemps disposé de plusieurs bases et installations sur ce territoire arctique pendant la Guerre froide, avant de réduire leur présence.

Ils exploitent toujours la base isolée de Pituffik, dans le nord-ouest du Groenland, construite après la signature du Traité de défense du Groenland entre les États-Unis et le Danemark en 1951. Elle soutient les opérations d’alerte antimissile, de défense antimissile et de surveillance spatiale pour le compte des États-Unis et de l’OTAN.

Peu de détails sur cet accord sont connus à ce jour.

Un responsable du département d’État américain a déclaré que l’accord interdisait toute base non membre de l’OTAN au Groenland, limitait la capacité des adversaires à réaliser des investissements au Groenland. Ce responsable n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement et s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

Les responsables américains, groenlandais et danois ont négocié discrètement pendant des mois en coulisses, à la recherche de solutions pour répondre à certaines des préoccupations de Donald Trump en matière de sécurité concernant ce territoire d’environ 56 000 habitants.

Avec l’annonce de ce pacte, le président états-unien peut se targuer d’un succès en matière de politique étrangère à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis.

À son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump avait appelé le Danemark à vendre l’île aux États-Unis, tout en insistant sur le fait que le Groenland était crucial pour la sécurité américaine. Il n’avait délibérément pas exclu de s’emparer de l’île par la force militaire, même si le Danemark est un allié des États-Unis au sein de l’OTAN.

Orla Joelsen, militante en faveur de la souveraineté du Groenland, a crié victoire sur X.

«Le nouvel accord reconnaît explicitement la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark, ainsi que le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination», a écrit la militante.