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Gaza: situation humanitaire toujours «catastrophique»

Faute de nourriture saine en quantité suffisante, «des enfants continuent d’arriver dans nos cliniques souffrant de malnutrition aiguë sévère.»

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A tent camp for displaced Palestinians stretches among the ruins of buildings destroyed during the Israel Hamas war, in Gaza City, Friday, May 15, 2026. (AP Photo/Abdel Kareem Hana) Un camp de tentes accueillant des Palestiniens déplacés s'étend parmi les ruines des bâtiments détruits lors de la guerre entre Israël et le Hamas, à Gaza, le vendredi 15 mai 2026. Photo AP (Abdel Kareem Hana)

Plus de six mois après l’adoption à l’ONU d’une résolution entérinant le plan de paix pour Gaza, la situation humanitaire dans le territoire palestinien demeure «catastrophique», ont déploré jeudi trois ONG internationales, appelant Israël à respecter ses obligations.

«La situation humanitaire à Gaza demeure catastrophique, avec d’importants écarts entre les engagements pris et leur mise en œuvre sur le terrain», ont dénoncé Oxfam, Save the Children et Refugees International lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York.

La résolution du Conseil de sécurité adoptée en novembre 2025 pour entériner le plan de paix américain prévoyait notamment la reprise totale de l’aide humanitaire. Or, selon les associations, les Gazaouis manquent encore de tout.

«Israël continue de refuser l’entrée de fournitures essentielles, comme des tuyaux pour réparer les réseaux d’eau, des abris, des fournitures médicales en quantité suffisante (...) Le manque de matériel d’assainissement et d’hygiène expose les familles aux maladies liées à la présence d’eaux usées à ciel ouvert», a rapporté Abby Maxman, présidente d’Oxfam America.

Faute de nourriture saine en quantité suffisante, «des enfants continuent d’arriver dans nos cliniques souffrant de malnutrition aiguë sévère. En avril, leur nombre a même augmenté par rapport à janvier», selon Janti Soeripto, de l’ONG Save The Children. Faute de système éducatif digne de ce nom, «600 000 enfants sont privés d’école pour la troisième année consécutive».

En raison de frappes israéliennes qui se poursuivent sans répit, «de nouveaux patients affluent chaque jour», alors que «le système de santé palestinien a été totalement décimé», a témoigné pour sa part Teresa Soldner, chirurgienne américaine de retour du territoire palestinien.

Les ONG demandent à la communauté internationale et en premier lieu aux États-Unis, architectes de l’accord, d’obliger Israël à respecter ses obligations, sans quoi le reste du plan de paix pourrait n’avoir aucun avenir.

«Il s’agit en quelque sorte de la partie la plus facile de l’accord de cessez-le-feu, et pourtant elle est en train d’échouer. Elle échoue parce qu’on la laisse échouer», a déploré Jeremy Konyndyk, président de Refugees International.