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France: 27 ans de prison pour avoir tué et démembré sa femme, abandonnée dans un parc

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AFP Croquis d'audience représentant Lakhdar Matoug dans le box des accusés à l'ouverture de son procès devant la cour d'assises de Paris pour le meurtre de sa femme, Assia, en février 2023. Il est accusé de l'avoir étranglée dans leur appartement de Montreuil puis de l'avoir démembrée et éparpillé les morceaux dans le parc des Buttes-Chaumont. (AFP)

Lakhdar Matoug a été condamné vendredi à 27 années de prison par la cour d’assises de Paris pour le meurtre de sa femme, Assia, dont il avait ensuite découpé le corps et éparpillé les restes dans le parc parisien des Buttes-Chaumont.

Les deux avocats de la défense n’auront pas réussi à convaincre le jury populaire de l’absence d’intention de tuer de celui qui a aujourd’hui 53 ans, se rangeant aux réquisitions du procureur.

Si c’est bien pour «meurtre» que Lakhdar Matoug a été condamné, cinq jours d’audience n’ont pas permis de pleinement éclairer les raisons du passage à l’acte, cette dispute qui, selon lui, aurait dégénéré et l’a conduit à étrangler son épouse — pendant plusieurs minutes, selon les légistes, et non quelques secondes tel qu’il l’a toujours affirmé.

Jeudi, l’accusation avait retracé la vie somme toute banale de ce couple venu d’Algérie, parents de trois enfants, habitant en banlieue parisienne, autant miné par les dettes que l’usure de leur relation.

Un couple enfermé dans son huis clos banlieusard décrivait l’accusation, ne se parlant plus que par messagerie interposée. Un couple sans violence ni scandale, dans lequel il n’existait plus que «la solitude de l’un et de l’autre», a considéré pour la défense Me Tcholakian.

Davantage encore que le flou du mobile, c’est «l’après tout à fait extraordinaire», tel que qualifié par l’avocate générale, qui a concentré les interrogations.

Comment cet homme ordinaire, sans histoires, unanimement perçu comme «calme», surnommé «le zen», a pu allonger le corps sans vie de son épouse sur le canapé en demandant aux enfants de ne pas réveiller «maman, fatiguée et malade» ?

Puis, le lendemain, de découper le corps à la meuleuse ? De disperser les restes, dans des sacs plastiques, au milieu des déchets végétaux aux quatre coins des Buttes-Chaumont ? De se rendre à Bobigny, en banlieue, pour y jeter le sac contenant le buste dans un terrain vague ?

La défense avait pu s’appuyer sur des rapports d’expertises faisant état d’un phénomène de «déréalisation», «en dissociation psychique».

«Il n’a pas de réflexion, de stratégie», avait insisté pour la défense Me Beyreuther, assurant que l’accusé n’était «pas dans une préméditation», pas plus que dans «une organisation logistique pensée».

Une défense balayée par l’accusation, qui a rappelé jeudi dans son réquisitoire l’achat, pour découper le corps, d’une meuleuse dans une grande enseigne de bricolage, les deux allers-retours entre le domicile de Montreuil et le parc des Buttes-Chaumont, la déclaration de la disparition à la police, les messages laissés à son épouse - «Oui, Assia, t’es où ?» —, jusqu’aux aveux lors de la troisième audition en garde à vue, quinze jours plus tard.

«Pas de déréalisation, pas d’homme sous emprise alcoolique. Un homme au contraire très ancré», avait conclu la représentante de l’accusation.