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Fillette retrouvée morte au bord d’une autoroute française: la mère peine à expliquer les sévices subis par sa fille

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Croquis d'audience lors de la première journée de procès Croquis d'audience lors de la première journée de procès: croquis d'audience montrant Halima El Bakhti, 72 ans, et Ahmed Touloub, 74 ans, jugés devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois dans le procès dit de la «martyre de l'A10». Inass Touloub, fillette de quatre ans, a été retrouvée morte en 1987 au bord de l'autoroute A10. (Crédit image | AFP)

La mère de la petite Inass Touloub, retrouvée morte au bord d’une autoroute française en 1987, a peiné vendredi à expliquer lors du procès l’origine des blessures qui ont conduit à la mort de sa fille, 39 ans après les faits.

Au terme d’un témoignage confus, Mme El Bakhti, 72 ans, jugée pour «torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort» sans intention de la donner, n’est pas parvenue à expliquer la vingtaine de morsures, les nombreuses fractures ou encore les mamelons arrachés, évoqués depuis le début de l’audience devant une cour d’assises du Loir-et-Cher, dans l’ouest de la France.

«Je ne me rappelle plus», a-t-elle répondu à de nombreuses reprises, pendant les trois heures de son interrogatoire, qui pourrait reprendre lundi.

- «Avez-vous mordu Inass ?»

- «Je ne me rappelle pas. Tapée, oui. Giflée, oui.»

C’était une période «noire», «je ne me souviens plus», a aussi dit Mme El Bakhti. «Il y avait beaucoup de souffrance. Quand la petite est morte, moi aussi j’étais morte». «À ce moment-là, je ne savais pas ce que je faisais», a-t-elle déclaré.

Le père, Ahmed Touloub, 74 ans, comparaît à ses côtés pour complicité.

L’accusée a assuré que sa fille n’avait rien connu d’autre que le «cauchemar», tout en étant incapable de donner davantage de détails sur les conditions de sa mort. Elle a aussi assuré ne pas avoir poussé sa fille dans des escaliers, contrairement à ce qu’une de ses filles avait affirmé.

Au cours du procès, démarré lundi, une médecin légiste a assuré que la fillette, morte à quatre ans, avait subi des «violences multiples et répétées dans le temps» jusqu’à quelques heures, quelques jours, voire jusqu’à «plusieurs mois avant le décès», évoquant une «période d’agonie».

La mère est aussi revenue sur la journée du 11 août 1987, jour où le corps de sa fille a été retrouvé sur le bas-côté de l’autoroute.

«J’ai dit Inass bouge pas. Il (Ahmed Touloub, ndlr) a dit “elle est morte”. Il s’est arrêté, il est sorti et a ouvert le coffre. Il a pris une couverture et l’a déposée sur le gazon. C’était comme un tremblement de terre», a-t-elle raconté.

Les parents ont été identifiés, grâce à l’ADN, et interpellés en 2018, plus de trente ans après les faits. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.