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États-Unis: l’ICE arrête un journaliste nicaraguayen en exil

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A federal agent wears an Immigration and Customs Enforcement badge in New York, June 10, 2025. (AP Photo/Yuki Iwamura, File) (Yuki Iwamura)

La police américaine de l’immigration (ICE) a arrêté lundi un journaliste nicaraguayen critique du gouvernement de Daniel Ortega et exilé aux États-Unis depuis plusieurs années, a dénoncé la famille de l’opposant.

Luis Galeano s’est exilé aux États-Unis en 2018 et était dans l’attente d’une décision concernant sa demande d’asile lorsque des agents de l’ICE l’ont interpellé.

Après avoir quitté le Nicaragua, il avait poursuivi son travail de journaliste depuis l’étranger.

L’épouse de M. Galeano, Deykel Santamaria, a indiqué à l’AFP lundi avoir eu une brève conversation au téléphone avec son mari, âgé de 48 ans et arrêté alors qu’il travaillait comme chauffeur de VTC en Floride.

Son arrestation intervient alors que l’administration Trump a durci la politique américaine contre la migration irrégulière, mais aussi son discours contre le pouvoir au Nicaragua.

«Les États-Unis doivent toujours savoir faire la différence entre un criminel et un exilé politique», a réagi sur X la parlementaire républicaine Maria Elvira Salazar, proche du président Donald Trump.

Face au risque d’une expulsion de M. Galeano vers son pays, elle a estimé que le journaliste ne pouvait «pas finir entre les mains de la dictature qui l’a persécuté».

Luis Galeano fait partie d’un groupe de 94 opposants privés de leur nationalité par le gouvernement Ortega en février 2023 car accusés d’être des «traîtres à la patrie».

L’Espagne avait par la suite accordé la nationalité espagnole à l’opposant, selon sa famille.

Daniel Ortega, ancien guérillero marxiste de 80 ans, et son épouse Rosario Murillo, de cinq ans sa cadette, exercent un pouvoir absolu dans ce pays d’Amérique centrale.

L’emprise d’Ortega sur le pays s’est encore accrue après les manifestations de 2018, dont la répression a fait environ 300 morts selon l’ONU, contraignant près d’un million de Nicaraguayens à l’exil et sonnant le glas de la presse indépendante.

Début septembre, Washington a exhorté la communauté internationale à cesser les échanges avec Managua, dénonçant une «dictature brutale» après l’adoption par le pays d’une réforme empêchant les opposants de participer aux élections.