Les autorités ont publié une première demande de rançon dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Nancy Guthrie, aux États-Unis, dans l’espoir que quelqu’un reconnaisse le style d’écriture. Une deuxième note, également publiée vendredi, indiquait que Mme Guthrie était décédée peu après son enlèvement et qu’elle avait été «enterrée dans la nature».
Ces deux notes avaient initialement été envoyées à une chaîne de télévision de Tucson quelques jours après la disparition, le 1er février, de cette femme de 84 ans, mère de Savannah Guthrie, présentatrice de l’émission Today, depuis son domicile situé dans la banlieue de Tucson, en Arizona.
Les autorités n’ont pas précisé si Nancy Guthrie était toujours en vie.
Samedi marquera le sixième mois depuis la disparition de Mme Guthrie. Aucun suspect n’a été arrêté dans le cadre de cette affaire. L’enquête reste entachée de nombreuses questions sans réponse, notamment le nombre de personnes qui auraient participé à son enlèvement et la possibilité qu’elle ait été enlevée par une personne qui la connaissait.
Dans sa dernière vidéo consacrée à la disparition de sa mère, Savannah Guthrie a affirmé en début de semaine que sa famille vivait un cauchemar sans fin et a supplié les ravisseurs de «nous dire où la chercher».
Le FBI à Washington n’a pas immédiatement répondu aux questions concernant les demandes de rançon, notamment pour savoir si les deux messages envoyés à la chaîne de Tucson avaient été jugés authentiques.
En publiant ces notes, le bureau du shérif du comté de Pima a déclaré: «Nous pensons que ces caractéristiques linguistiques distinctives pourraient être reconnaissables par une personne qui connaît l’auteur des notes ou qui a déjà interagi avec lui.»
La première note, envoyée le 2 février, indiquait que Mme Guthrie était en sécurité mais effrayée, et qu’elle serait libérée saine et sauve dès que ses ravisseurs auraient reçu quatre millions de dollars en cryptomonnaie, le montant de la rançon devant augmenter si la première demande n’était pas satisfaite.
Elle précisait que Mme Guthrie serait libérée dans les 12 heures si le paiement était reçu. La note contenait également une menace de la tuer si la rançon n’était pas versée.
«Ta mère est au courant de tout cela et sa vie est entre tes mains, pouvait-on lire dans la première note. Il est dans l’intérêt de tout le monde que cette affaire soit réglée au plus vite.»
La deuxième note a été envoyée le 6 février et indiquait que Mme Guthrie était décédée peu après son enlèvement. «Elle est maintenant enterrée dans la nature, y était-il écrit. Rien de ce que vous auriez pu faire n’aurait pu changer le cours des événements.»
La note se terminait par des excuses: «Nous sommes sincèrement désolés.»
Le bureau du shérif a indiqué que les notes révélaient un schéma distinctif dans le choix des mots et donnaient un aperçu de l’état d’esprit de l’auteur. L’agence a précisé qu’une personne connaissant l’auteur des notes pourrait reconnaître ces schémas.
Les autorités avaient déjà utilisé de la même manière les propres écrits d’un suspect pour appréhender Theodore «Ted» Kaczynski, surnommé «Unabomber» par le FBI.
Kaczynski, qui a tué trois personnes et en a blessé 23 autres à l’aide de colis piégés sur une période de 17 ans, a fait pression sur le Washington Post, de concert avec le New York Times, pour qu’ils publient son manifeste de 35 000 mots en 1995.
Les autorités fédérales ont encouragé cette publication, ce qui a permis au frère et à la belle-sœur de Kaczynski de reconnaître la syntaxe et les thèmes anti-technologie de ce texte et d’alerter le FBI, mettant ainsi fin à l’enquête la plus longue et la plus coûteuse menée par l’agence à l’époque.
Dans un communiqué publié vendredi, le bureau du shérif a également lancé un appel aux personnes susceptibles d’avoir des informations sur cette affaire, reconnaissant qu’il pouvait être difficile de se manifester en raison d’une relation personnelle avec l’une des personnes impliquées ou simplement par souci de sécurité.
«Nous sommes conscients que les relations et les loyautés évoluent avec le temps, tout comme les personnes et leurs points de vue, a écrit le bureau du shérif. Il n’est pas trop tard pour se manifester.»
De nouveaux éléments de preuve
Le bureau du shérif a également indiqué vendredi que deux vidéos récupérées sur la caméra de la sonnette de Mme Guthrie pourraient avoir été enregistrées à deux jours différents et indiqueraient qu’un homme non identifié s’était préparé avant l’enlèvement de Mme Guthrie.
Les autorités recherchent des informations sur toute personne ayant eu un comportement inhabituel, ayant modifié son apparence physique, ayant soudainement quitté la région de Tucson, ou ayant manifesté un intérêt ou un désintérêt notable et inexpliqué pour cette affaire.
«Les enquêteurs continuent d’explorer toutes les pistes technologiques et d’enquête disponibles, a affirmé le bureau du shérif. Cependant, les membres de la communauté restent une ressource essentielle alors que nous cherchons à apporter des réponses à la famille de Nancy.»
Le FBI avait publié des vidéos de surveillance montrant une personne masquée qui, selon les autorités, semblait avoir altéré une caméra installée sur le porche de Nancy Guthrie et l’avoir obstruée avec une plante. Elles ont décrit cette personne comme un homme mesurant environ 5 pieds, 9 pouces (1,75 mètre).
