International

Emmanuel Macron entame sa visite au Kenya pour un sommet africain

Ce sommet de 2 jours, qui débute lundi, devrait accueillir 30 chefs d’État. Dix sont déjà arrivés.

Publié le 

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le président kényan William Ruto assistent à l'hymne national à la State House de Nairobi, le dimanche 10 mai 2026. (Photo AP/Brian Inganga) Le président français Emmanuel Macron (à gauche) et le président kényan William Ruto assistent à l'hymne national à la State House de Nairobi, le dimanche 10 mai 2026. Photo AP (Brian Inganga)

Le président français Emmanuel Macron a entamé dimanche une visite au Kenya en amont du sommet Africa Forward, une rencontre destinée à présenter la nouvelle politique française sur le continent — un changement de cap, passant d’une ancienne puissance coloniale perçue comme dominante à ce que Paris qualifie de partenariat d’égaux.

Organisé pour la première fois dans un pays anglophone, ce sommet devrait susciter des réactions au retrait des troupes françaises d’Afrique occidentale, achevé l’an dernier, dans un contexte de déclin de l’influence régionale de la France ces dernières années.

Depuis l’indépendance de ses anciennes colonies africaines, la France a maintenu une politique d’influence économique, politique et militaire, baptisée Françafrique, qui impliquait notamment le maintien de milliers de soldats dans la région. Cependant, les dirigeants de ces pays — et des figures de l’opposition — ont souvent critiqué la France pour ce qu’ils ont qualifié d’approche dégradante et autoritaire envers le continent.

Le président kényan William Ruto, hôte de M. Macron, a déclaré que les deux dirigeants s’attendaient à ce que le sommet marque un tournant vers un partenariat plus solide.

Emmanuel Macron a commenté l’évolution du paysage géopolitique, affirmant que la France pouvait être en désaccord avec les gouvernements ouest-africains, mais qu’elle n’était jamais en désaccord avec les peuples.

Ce sommet de 2 jours, qui débute lundi, devrait accueillir 30 chefs d’État. Dix sont déjà arrivés.

Le chef de l’opposition kényane, Kalonzo Musyoka, a fustigé le choix du Kenya comme pays hôte, le décrivant comme un pays où la démocratie reste menacée, l’opposition est attaquée et les droits de l’homme sont bafoués, alors même que le pays se prépare aux élections générales de 2027.

«On aura l’impression de faire semblant d’être une nation unie, a commenté M. Musyoka. Nous savons que c’est loin d’être la vérité.»

M. Ruto a indiqué dimanche que Nairobi souhaitait développer un large éventail de relations et ne se tournait «ni vers l’Est ni vers l’Ouest», mais «vers l’avenir».

Toujours dimanche, le Kenya et la France ont signé 11 accords portant sur des investissements dans divers secteurs, notamment une centrale nucléaire ambitieuse, la modernisation des transports et une agriculture durable.

Emmanuel Macron a souligné que ces investissements visaient à renforcer le «capital humain», conformément à l’objectif du sommet, axé sur l’innovation et la croissance démographique des jeunes en Afrique.