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Ebola: le président du Kenya défend le centre de quarantaine américain sur son sol

Nombre de Kényans craignent des contaminations dans leur pays.

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Ebola et hantavirus: le monde vit une époque «dangeureuse», alerte l’OMS L’hantavirus et Ebola ne sont que les dernières crises en date d’une époque «dangereuse et source de divisions», a alerté lundi le chef de l’Organisation mondiale de la santé à l’ouverture de l’assemblée annuelle de l’OMS.

Le président kényan William Ruto a défendu l’installation au Kenya d’un centre de quarantaine destiné aux ressortissants américains potentiellement exposés à la dernière épidémie de virus Ebola en République démocratique du Congo, malgré la défiance que ce projet suscite au sein de la population.

Nombre de Kényans craignent des contaminations dans leur pays. Il ne dispose d’aucune frontière commune avec la RDC et n’a enregistré aucun cas d’Ebola depuis la déclaration de l’épidémie mi-mai, mais des années de corruption et de mauvaise gestion ont fortement affaibli le système de santé.

Des centaines de personnes ont manifesté lundi contre le projet américain à Nanyuki, ville située près de la base aérienne de Laïkipia (environ 200 km au nord de la capitale Nairobi), où le centre doit entrer en activité.

Des affrontements sont survenus avec les forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes sur la foule, selon des médias kényans.

Ni la police, ni les services d’urgence, ni la Croix-Rouge kényane n’ont confirmé à l’AFP des informations faisant état de morts lors de cette manifestation.

Au moins six personnes ont été arrêtées mardi à Nairobi en marge d’un autre rassemblement contre le centre américain, qui n’a attiré qu’une poignée de participants, a constaté un journaliste de l’AFP. Certains d’entre eux, vêtus d’équipements de protection blancs, ont porté un cercueil sur lequel était inscrit «Ebola».

Un vol dérouté vers Montréal en raison des restrictions entourant l’Ebola Les services frontaliers américains ont indiqué qu’un vol d’Air France à destination des États-Unis a été dérouté vers Montréal après l’embarquement «par erreur» d’un passager originaire de la République démocratique du Congo malgré des restrictions de vol liées à l’épidémie d’Ebola en Afrique.

«Lorsque le président Trump a demandé au gouvernement du Kenya de les soutenir en créant un centre sur la base aérienne de Laïkipia, j’ai donné mon accord car il s’agissait d’un accord et d’un partenariat avec des amis qui travaillent avec le Kenya depuis 30 ou 40 ans», a justifié le chef de l’État, qui ne s’était pas encore exprimé sur la polémique.

Le gouvernement américain souhaite «travailler en partenariat avec nous pour développer les capacités nécessaires afin de garantir que, si jamais nous avions besoin d’une installation, celle-ci soit là pour servir le peuple kényan et nos amis, y compris les Américains», s’est-il encore défendu lundi soir devant la presse depuis la ville de Wajir (nord).

La Haute Cour kényane, saisie par l’organisation de défense des droits constitutionnels kényane Katiba Institute, a décidé la semaine dernière que «l’intérêt général» justifiait la suspension provisoire de l’ouverture du centre en attendant que les parties soient entendues sur le fond.

Mardi, la juridiction a prolongé la suspension et enjoint au gouvernement de «divulguer tous les accords» relatifs à cette structure sous sept jours.

L’actuelle épidémie de maladie à virus Ebola, fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, a été déclarée le 15 mai dans le nord-est de la RDC. L’Ouganda voisin, qui a confirmé onze infections dont une mortelle, est le seul autre pays où le virus s’est pour l’heure propagé.

Plus de 1 100 cas suspects et près de 250 décès ont été recensés dans les deux pays, selon un bilan de l’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine (UA).