Le président brésilien Lula a appelé vendredi son homologue américain Donald Trump et plaidé auprès de lui pour une solution négociée après les droits de douane imposés par les États-Unis, a indiqué Brasilia.
Washington a imposé en juillet deux vagues de droits de douane à la première économie d’Amérique latine, arguant de supposées pratiques commerciales déloyales. Le sujet s’est imposé dans la campagne pour l’élection présidentielle d’octobre au Brésil.
Lors de leur conversation téléphonique, Luiz Inacio Lula da Silva, qui briguera un quatrième et dernier mandat, a souligné qu’à ses yeux les «allégations» qui ont motivé la surtaxe américaine sont «infondées», selon le communiqué publié par la présidence brésilienne.
Estimant que ces droits de douane «ont un impact négatif autant pour le Brésil que pour les États-Unis», le président de gauche a dit au républicain que «rester à la table des négociations est la meilleure option pour les deux pays».
«Le président Trump a reconnu la nécessité de préserver de solides liens commerciaux et a proposé que des équipes des deux pays se réunissent de nouveau dans les plus brefs délais», a ajouté Brasilia.
La conversation a duré 1h20 et s’est tenue sur un «ton amical et cordial», selon la même source.
Lula, 80 ans, a ces derniers temps accusé les États unis de chercher à s’ingérer dans la présidentielle d’octobre.
Son principal adversaire sera Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro actuellement détenu pour tentative de coup d’État. La famille Bolsonaro est alliée à Donald Trump.
Lula a défendu une fois de plus son refus de considérer comme organisations terroristes les deux principales factions du pays, le Comando Vermelho (CV) et le Primeiro Comando da Capital (PCC). Washington a qualifié ces deux organisations de terroristes en mai.
«Ces groupes criminels exercent une terreur quotidienne sur les populations les plus démunies, mais ils ne se confondent pas avec des organisations terroristes», a argumenté le président brésilien.
Il a réaffirmé que son gouvernement défend d’autres méthodes pour en finir avec ces factions, comme l’asphyxie financière.
L’insécurité est la principale préoccupation des Brésiliens à l’approche de l’élection.
Le sénateur Flavio Bolsonaro défend pour sa part l’importation du modèle de fermeté du président salvadorien Nayib Bukele.
Il dit avoir personnellement demandé à Donald Trump, lors d’une rencontre à Washington, de désigner le PCC et le CV comme organisations terroristes, quelques jours avant que les États-Unis ne prennent cette décision.
Lula et le fils Bolsonaro sont pratiquement à égalité dans l’hypothèse probable d’un deuxième tour, selon les derniers sondages.
