Le président Donald Trump a publié dimanche une image truquée de l’ancien président Barack Obama et de son épouse, Michelle Obama, saluant la foule avant de monter à bord d’un Air Force One recouvert de graffitis.
Cette publication intervient plusieurs mois après une autre publication raciste du président, qui représentait le couple sous les traits de primates dans une jungle. Celle-ci avait été supprimée à la suite d’une vive polémique bipartisane.
La dernière image montre les Obama souriants et saluant du haut d’un escalier, à côté d’un avion présidentiel bleu clair et blanc sur lequel sont peints des graffitis, notamment le slogan de campagne du candidat démocrate «Yes We Can», «Obama» et «BLM», abréviation de Black Lives Matter. La publication montre également un graffiti en arabe sur l’avion, avec la phrase Alhamdulillah, qui signifie «loué soit Dieu» ou «Dieu merci».
L’utilisation de graffitis est un message codé destiné à rappeler à la population la criminalité et la dégradation urbaine. Ce procédé a déjà été utilisé par le passé dans des messages racistes à l’encontre des Noirs.
Donald Trump a depuis des années l’habitude de critiquer très personnellement les Obama et d’utiliser une rhétorique incendiaire, parfois raciste. Cela va de l’alimentation du mensonge selon lequel Barack Obama ne serait pas né aux États-Unis à des généralisations grossières sur les pays à majorité noire, en passant par des publications qui ont suscité la colère sur son site Truth Social.
La publication raciste du président comparant les Obama à des primates a eu lieu en février, pendant la première semaine du Mois de l’histoire des Noirs. Elle a été supprimée à la suite de critiques généralisées de la part de leaders des droits civiques et de sénateurs républicains. M. Trump a toutefois refusé de présenter des excuses, et un membre de son équipe a par la suite été désigné comme responsable de cette publication.
Cette fois-ci, l’avion présidentiel est un sujet sensible, puisque Donald Trump a effectué la semaine dernière son premier vol à bord d’un nouvel Air Force One — un Boeing 747-800 réaménagé d’une valeur de 400 millions $US offert par le Qatar. La carlingue bleu clair emblématique de l’appareil, qui permettait à l’Air Force One de se fondre dans le ciel, a été remplacée par la palette de couleurs préférées de M. Trump: un ventre bleu marine orné de rayures rouges et dorées.
Après avoir prononcé un discours samedi soir sur le National Mall à Washington pour marquer le Jour de l’Indépendance et le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d’indépendance, le président Trump n’avait aucun engagement public dimanche et a passé la journée dans son club de golf en Virginie. Il doit s’envoler lundi pour la Turquie afin d’assister à un sommet avec les alliés de l’OTAN.
La Maison-Blanche n’a pas immédiatement répondu à un message sollicitant des commentaires. Il en va de même pour une porte-parole des Obama.
La publication de dimanche faisait également suite à une autre datant du mois dernier, dans laquelle Donald Trump avait partagé une image retouchée de la nouvelle bibliothèque présidentielle de M. Obama à Chicago, de sorte que le bâtiment semblait surmonté d’un grand sac poubelle et entouré d’un terrain vague. «Dans dix ans, la bibliothèque Obama sera la “Mecque” de ceux qui haïssent l’Amérique!», avait-il alors écrit.
Donald Trump a fréquemment critiqué la bibliothèque Obama dans ses déclarations publiques, et il a publié cette image à deux reprises sur sa plateforme de réseaux sociaux.
L’image d’Air Force One faisait partie d’une série de publications publiées dimanche par M. Trump sur Truth Social, parmi lesquelles figurait une photo d’archive semblant montrer la première ministre italienne, Giorgia Meloni, souriant et levant les yeux vers M. Trump, sous la mention «ordonnance d’éloignement nécessaire».
Cela pourrait également déclencher une nouvelle polémique lors des réunions de cette semaine en Turquie, puisque M. Trump avait laissé entendre que Mme Meloni avait demandé «à maintes reprises» de prendre une photo avec lui lors du récent sommet du G7 — laissant entendre qu’elle l’avait supplié pour obtenir cette photo.
Les propos de Donald Trump ont poussé le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, à annuler un voyage prévu ultérieurement à Washington, tandis que Mme Meloni a qualifié le récit de M. Trump de «pure invention», affirmant : «L’Italie et moi-même ne supplions jamais personne.»
