Le président américain Donald Trump a subi un autre examen médical mardi, ce qui a relancé les spéculations publiques sur son état de santé alors qu’il s’efforce de dissiper les inquiétudes concernant son âge et son endurance.
Le président, âgé de 79 ans, a passé plus de trois heures au Centre médical militaire national Walter Reed pour ce que la Maison-Blanche a décrit comme des examens médicaux et dentaires préventifs. Il s’agissait du quatrième examen médical rendu public par Trump depuis son retour au pouvoir pour un deuxième mandat, et il intervient alors qu’il tente de projeter une image de force à l’approche des élections de mi-mandat qui mettront à l’épreuve son influence auprès des électeurs.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux après sa visite, M. Trump a affirmé qu’il venait de terminer son «examen médical semestriel» et que «tout était PARFAIT».
Depuis des décennies, les administrations publient certains résultats des examens médicaux présidentiels, offrant au public un aperçu de la santé du commandant en chef. Mais ces résultats sont filtrés par la Maison-Blanche et doivent être approuvés par le président, ce qui soulève des questions sur ce que le public a le droit de voir ou non.
M. Trump aura 80 ans le mois prochain et est la personne la plus âgée à avoir été élue président des États-Unis. Son prédécesseur, l’ancien président Joe Biden, avait 82 ans lorsqu’il a quitté ses fonctions, se retirant de la course à la présidence de 2024 en raison des inquiétudes généralisées quant à son âge jugé trop avancé pour occuper ce poste.
Un sondage Washington Post/ABC News/Ipsos réalisé en avril a révélé que moins de la moitié des adultes américains estiment que Trump possède la vivacité d’esprit ou la santé physique nécessaire pour exercer efficacement ses fonctions de président.
«Je pense que les inquiétudes concernant la santé physique du président sont probablement à leur plus haut niveau, et je pense que l’âge avancé est la préoccupation numéro un», a expliqué le Dr Jeffrey Kuhlman, qui a occupé le poste de médecin à la Maison-Blanche pendant plus d’une décennie sous les présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton.
Pour un président de l’âge de Trump, un examen médical complet devrait inclure des tests cardiaques approfondis, un dépistage des cancers courants et une évaluation cognitive, en plus des mesures de base comme la taille, le poids et la tension artérielle, selon le Dr Kuhlman.
La Maison-Blanche n’a pas révélé en quoi consistera cette visite, mais s’est dite confiante quant aux résultats.
«Le président Trump est le président le plus vif et le plus accessible de l’histoire des États-Unis. Il travaille sans relâche pour résoudre les problèmes et tenir ses promesses, et il reste en excellente santé», a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle, dans un communiqué.
Pas de loi obligeant la divulgation des dossiers médicaux
Au cours des semaines précédant sa visite, Donald Trump a indiqué qu’il se sentait aussi bien qu’il y a 50 ans — même s’il plaisante sur son penchant pour la restauration rapide et son programme d’exercice minimal. Il est toutefois sensible à la perception de son âge, soulignant qu’il redouble de prudence en descendant les marches d’Air Force One pour éviter les manchettes sur un éventuel trébuchement.
Il n’existe aucune loi formelle obligeant les présidents à rendre publics leurs dossiers médicaux, et le degré de transparence a varié d’une administration à l’autre. Les rapports antérieurs de Trump ont été critiqués pour leur manque de détails et pour présenter des statistiques que certains experts médicaux ont accueillies avec scepticisme.
Lors de ses apparitions publiques, on voit souvent M. Trump porter du maquillage pour dissimuler des ecchymoses sur ses mains, que la Maison-Blanche attribue aux poignées de main et à une consommation régulière d’aspirine. Il a parfois semblé somnolent pendant des réunions et a fermé les yeux pendant de longs moments, bien qu’il nie s’être endormi.
Le président américain se vante souvent d’avoir «brillé» aux tests cognitifs tout en ridiculisant fréquemment Joe Biden, qui a dû faire face à des questions sur son acuité mentale. Certains de ses examens médicaux antérieurs comprenaient le Montreal cognitive assessment, un test utilisé pour dépister la démence et les troubles cognitifs. Ses médecins ont rapporté un score de 30 sur 30 lors des examens de 2018 et 2025.
Pourtant, les critiques ont souligné ses discours décousus et sa rhétorique parfois belliqueuse comme des preuves d’un déclin cognitif.
Le mois dernier, une déclaration de plus de 30 neurologues, psychiatres et autres experts médicaux — qui ont reconnu ne l’avoir jamais examiné — a affirmé que M. Trump était mentalement inapte à exercer ses fonctions et a mis en garde contre un «déclin de plus en plus dangereux» de son comportement, en se basant sur ce qu’ils ont qualifié de «signes objectivement observables de graves préoccupations médicales».
«Tout soi-disant professionnel de la santé qui se livre à des diagnostics de salon ou à de fausses spéculations à des fins politiques enfreint clairement le serment d’Hippocrate qu’il a prêté», a rapporté le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle.
Tout comme n’importe quel autre patient, les présidents ont le droit de choisir ce qui est divulgué au sujet de leur santé, selon Sara Rosenthal, bioéthicienne à l’Université du Kentucky qui étudie la santé des présidents. Les questions de transparence sont devenues plus pressantes à mesure que l’Amérique élit des présidents vieillissants comme Trump et Biden, a-t-elle ajouté.
«Je pense qu’il ne faut s’attendre qu’à très peu de divulgation sur l’état de santé réel d’un président, à moins qu’il ne soit en parfaite santé», a ajouté Mme Rosenthal, qui a suggéré la création d’un organisme médical indépendant chargé d’examiner et de rendre compte de la santé du président et des personnes dans la ligne de succession.
«Rien ne devrait être caché»
Le premier rapport médical de Donald Trump au cours de son deuxième mandat a été publié en avril dernier. En juillet, on lui a diagnostiqué une insuffisance veineuse chronique, une affection courante chez les personnes âgées qui provoque une accumulation de sang dans les veines. Des photos ont montré le président avec les pieds, les chevilles et les mollets enflés, ce que la Maison-Blanche a décrit comme un symptôme d’insuffisance veineuse chronique entraînant un «léger gonflement» du bas des jambes.
À la suite de son dernier examen rendu public, décrit comme un suivi de routine en octobre dernier, le médecin de Trump a publié un résumé d’une page indiquant que le président était en «excellente santé» sans divulguer beaucoup de résultats spécifiques.
La fréquence des examens médicaux de Trump n’est pas inhabituelle pour quelqu’un de son âge, selon S. Jay Olshansky de l’Université de l’Illinois à Chicago, qui a étudié la santé des anciens présidents. Cela fait partie d’une stratégie visant à détecter les problèmes tant qu’ils sont encore traitables, a déclaré M. Olshansky.
M. Olshansky estime que le public mérite de voir plus que les résumés médicaux de la Maison-Blanche qui «peuvent être soumis à une discrétion éditoriale». Les dossiers médicaux complets et non expurgés devraient être rendus publics, selon lui. «Rien ne devrait être caché», a-t-il dit.
La Maison-Blanche n’a pas précisé si la visite de M. Trump inclurait des interventions pouvant nécessiter une anesthésie. Le dernier examen du côlon de Trump remonte à 2024 et un suivi avait été recommandé dans trois ans.
Si Donald Trump devait subir une anesthésie, le vice-président JD Vance devrait assumer temporairement la direction des affaires en vertu du 25e amendement. Cela s’est produit pour la dernière fois en 2021, lorsque la vice-présidente Kamala Harris a brièvement prêté serment pendant que Joe Biden subissait une coloscopie. L’ancien président George W. Bush a cédé le pouvoir à deux reprises au vice-président Dick Cheney.
