Le président Donald Trump a gracié 11 personnes vendredi, dont un ancien associé du lobbyiste de Washington Jack Abramoff et neuf personnes identifiées par la Maison-Blanche comme ayant aidé des particuliers à contourner les systèmes de contrôle des émissions des véhicules.
Ces mesures de clémence interviennent alors que Donald Trump a accordé une multitude de grâces au cours de son second mandat, notamment à des alliés, des personnalités publiques et des personnes considérées comme partageant ses opinions politiques.
Son recours au pouvoir étendu dont dispose le président pour accorder unilatéralement des grâces et commuer des peines illustre l’utilisation extensive du pouvoir exécutif qui a caractérisé le retour du républicain à la Maison-Blanche.
Plus tôt dans la journée de vendredi, M. Trump avait annoncé certaines de ces grâces sur les réseaux sociaux, sans toutefois citer le nom des bénéficiaires.
«C’est un grand honneur pour moi d’avoir signé des grâces en faveur de six personnes qui ont été persécutées par l’administration Biden et qui se trouvaient en prison, ou étaient sur le point d’y être envoyées, pour avoir “réparé leur voiture”», a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth Social. «Je les libère tous, dès à présent», a-t-il dit.
D’après une liste communiquée vendredi soir par la Maison-Blanche, Donald Trump a gracié 11 personnes, dont neuf qui faisaient l’objet de poursuites pour violation de la loi sur la qualité de l’air (Clean Air Act) après avoir désactivé les systèmes de contrôle des émissions sur des véhicules ou vendu des dispositifs permettant de contourner ces systèmes.
Ces grâces interviennent après que Donald Trump a signé lundi une note de service indiquant à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) que les Américains peuvent réparer leurs propres véhicules comme bon leur semble.
Lors de la signature de cette note, Donald Trump a évoqué un mécanicien spécialisé dans les moteurs diesel qu’il avait gracié l’année dernière et qui avait désactivé des systèmes de contrôle des émissions.
La note de service traitait également des pièces détachées automobiles du marché secondaire et annulerait la compétence du California Air Resources Board en matière d’évaluation des pièces ayant une incidence sur les émissions des véhicules.
En publiant la liste des personnes graciées, la Maison-Blanche a souligné que M. Trump avait «soulagé les consommateurs de ces contraintes réglementaires».
Au-delà des grâces liées aux émissions, Donald Trump a également accordé vendredi une grâce à Adam Kidan, un ancien associé de M. Abramoff.
M. Kidan avait plaidé coupable en 2005 de fraude et de complot liés à l’achat d’une flotte de bateaux-casinos, et avait été condamné en 2006 à près de six ans de prison.
Cette affaire s’inscrivait dans le cadre d’une enquête plus large sur le scandale de lobbying du début des années 2000 impliquant M. Abramoff, le Capitole, le ministère de l’Intérieur et des membres de l’administration du président George W. Bush.
Après sa sortie de prison en 2009, M. Kidan a commencé à travailler dans une agence de recrutement, puis a fondé sa propre entreprise de recrutement, Chartwell Staffing Solutions, et occupe aujourd’hui le poste de président d’Empire Workforce Solutions, a indiqué la Maison-Blanche.
En mars, le journal Newsday a rapporté que M. Kidan figurait parmi les hôtes d’une collecte de fonds organisée au complexe Mar-a-Lago de Donald Trump au profit d’un candidat républicain au Congrès de Long Island.
Un message envoyé à l’entreprise de M. Kidan pour obtenir ses commentaires n’a pas reçu de réponse immédiate vendredi soir.
Donald Trump a également gracié vendredi Jack Harvard, propriétaire d’un ranch, invoquant son «comportement irréprochable» depuis sa condamnation et le félicitant d’avoir permis aux forces armées américaines et aux troupes de l’OTAN de s’entraîner gratuitement sur ses terres.
La Maison-Blanche n’a pas immédiatement communiqué de détails supplémentaires concernant M. Harvard, notamment au sujet de sa condamnation.
