Le président Donald Trump a tenté, mercredi soir, depuis la Maison-Blanche, de convaincre les Américains qu'ils avaient tort de s'inquiéter de l'économie américaine, assurant que tous les problèmes étaient en cours de résolution.
«Il y a onze mois, j'ai hérité d'une situation catastrophique, et je suis en train de la redresser», a déclaré Donald Trump.
Ses propos interviennent à un moment crucial, alors qu'il tente de redorer son image, en constante érosion. Les sondages montrent que la plupart des adultes américains sont mécontents de sa gestion de l'économie, l'inflation ayant fortement augmenté à la suite de la hausse des prix induite par ses droits de douane et au ralentissement des embauches.
Entouré de deux sapins de Noël et d'un portrait de George Washington en arrière-plan, dans le Salon diplomatique de la Maison-Blanche, le président américain a cherché à imputer les inquiétudes liées à l'inflation à son prédécesseur, Joe Biden.
En 2026, M. Trump et son parti seront confrontés à un référendum sur leur leadership, alors que le pays se prépare aux élections de mi-mandat qui détermineront la composition de la Chambre des représentants et du Sénat.
Le discours à la Maison-Blanche offrait à M. Trump l'occasion de tenter de regagner du terrain après les défaites républicaines aux élections de cette année, qui ont soulevé des interrogations quant à la solidité de sa coalition.
Le président a présenté des graphiques pour démontrer que l'économie est sur une trajectoire ascendante.
Mais les calculs complexes, une fois assimilés par le public, dressent un tableau plus complexe, celui d'une économie certes stable, mais qui inspire peu confiance.
La bourse est en hausse, les prix de l'essence sont en baisse et les entreprises technologiques investissent massivement dans le développement de l'intelligence artificielle.
Cependant, l'inflation, qui avait amorcé un repli après avoir atteint un sommet en 40 ans en 2022 sous la présidence de Joe Biden, a de nouveau accéléré à la suite de l'annonce des droits de douane par Donald Trump en avril.
L'indice des prix à la consommation augmente à un rythme annuel de 3 %, contre 2,3 % en avril.
Ce resserrement du pouvoir d'achat est également dû à un marché du travail en berne. Depuis le «Jour de la Libération» d'avril, marqué par l'annonce par M. Trump de droits de douane à l'importation qu'il a ensuite suspendus, puis réajustés quelques mois plus tard, les créations d'emplois mensuelles n'ont atteint en moyenne que 17 000.
Le taux de chômage est passé de 4 % en janvier à 4,6 %.
Le locataire de la Maison-Blanche a également annoncé l'envoi d'une prime de 1776 $ US aux troupes américaines pour Noël, laissant entendre que les droits de douane finançaient ces versements.
Donald Trump a expliqué que 1,45 million de militaires recevraient cette «prime de guerre» avant Noël.
«Les chèques sont déjà en route», a-t-il affirmé.
D'autres défis à relever
Tout en mettant l'accent sur l'économie, le président américain doit également faire face à des défis sur d'autres fronts politiques.
Les expulsions massives d'immigrants ordonnées par M. Trump se sont révélées impopulaires, même s'il est apprécié pour avoir bloqué les passages à la frontière américano-mexicaine.
L'opinion publique est restée généralement indifférente à ses efforts déployés à travers le monde pour mettre fin aux conflits et à ses attaques contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue près du Venezuela.
Le président a tenté de rejeter la responsabilité de la hausse probable des primes d'assurance maladie sur les démocrates, alors que les subventions liées à l'Affordable Care Act de 2010 arrivent à échéance.
Les élus démocrates ont cherché à résoudre ce problème, tandis que M. Trump a suggéré, sans fournir de détails précis, que toute aide gouvernementale devrait être versée directement aux familles souscrivant à l'assurance, et non aux compagnies d'assurance.
Cependant, le véritable test de son discours sera de savoir si l'économie s'améliorera de manière à remonter le moral de l'opinion publique et, potentiellement, à renforcer les chances de sa coalition lors des élections de l'année prochaine.
Le président a cherché à conclure son discours sur une note positive, en évoquant les Jeux olympiques, mais aussi la Coupe du monde de soccer, dont une partie des matchs se dérouleront aux États-Unis l'année prochaine.
Donald Trump a fait appel au patriotisme en soulignant que 2026 marquera le 250e anniversaire de la signature de la Déclaration d'indépendance et a conclu son discours en souhaitant aux téléspectateurs un joyeux Noël et une bonne année.
Josh Boak, The Associated Press

