Le président Donald Trump a dévoilé jeudi les grandes lignes d’un plan en santé qu’il souhaite soumettre au Congrès alors que les républicains subissent une pression croissante pour s’attaquer à la hausse des coûts de santé et à l’envolée des primes d’assurance, après que les législateurs eurent permis l’échéance de subventions.
L’élément central de ce plan est la proposition de verser directement de l’argent aux Américains sur des comptes d’épargne santé, afin qu’ils puissent se passer du gouvernement fédéral et gérer eux-mêmes leur assurance.
Les démocrates ont rejeté cette idée, la jugeant insuffisante pour couvrir les coûts élevés des soins de santé.
«Le gouvernement va vous verser l’argent directement, a plaidé M. Trump dans une vidéo diffusée par la Maison-Blanche pour annoncer le plan. Vous recevrez cet argent et vous financerez vous-même votre assurance maladie.»
L’absence de plan de santé est un problème récurrent pour M. Trump, qui, avec les républicains, cherche à abroger la loi phare de l’ancien président Barack Obama, l’Affordable Care Act (la Loi sur la protection des patients et les soins abordables). Lors de son premier mandat, le président Trump avait échoué dans sa tentative d’abroger et de remplacer cette loi.
Lors de sa campagne présidentielle de 2024, M. Trump avait reconnu n’avoir que des «idées générales» concernant la réforme du système de santé. Sa nouvelle proposition, qui manque de précisions, ressemble davantage à une liste de souhaits qu’à un projet de loi concret.
Le docteur Mehmet Oz, administrateur des centres pour les services Medicare et Medicaid, l’a décrite aux journalistes lors d’une conférence téléphonique comme un «cadre qui, nous en sommes convaincus, aidera le Congrès à légiférer».
On ignore pour l’instant si des élus examinent le plan du président républicain.
Un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que l’administration avait discuté de la proposition avec ses alliés au Congrès, sans toutefois pouvoir nommer les élus impliqués. Ce responsable s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat, car il ne pouvait pas discuter publiquement du dossier.
Un plan rejeté par les démocrates
La Maison-Blanche n’a donné aucune précision quant au montant des aides envisagées, ni quant à savoir si ces aides seraient accessibles à tous les bénéficiaires de l’«Obamacare» ou seulement à ceux disposant des couvertures de base.
Cette idée fait écho à une proposition avancée l’an dernier par des sénateurs républicains. Les démocrates l’ont largement rejetée, arguant que ces comptes ne suffiraient pas à couvrir les coûts pour la plupart des consommateurs. Actuellement, ces comptes sont utilisés de manière disproportionnée par les Américains les plus fortunés, qui disposent de revenus plus élevés pour les alimenter et sont davantage incités à réduire leur taux d’imposition.
Les crédits d’impôt bonifiés, qui ont contribué à réduire le coût de l’assurance pour la grande majorité des bénéficiaires de l’Affordable Care Act ont expiré fin 2025, malgré le blocage budgétaire de 43 jours imposé par les démocrates sur cette question.
Le sénateur républicain Bernie Moreno dirige un groupe bipartisan de 12 sénateurs qui tentent de trouver un compromis prolongeant ces subventions de deux ans, tout en ajoutant de nouvelles restrictions quant aux bénéficiaires. Cette proposition créerait, la deuxième année, l’option d’un compte épargne santé, une solution privilégiée par M. Trump et les républicains.
Un responsable de la Maison-Blanche a démenti que M. Trump ferme définitivement la porte à des négociations bipartites au Sénat visant à prolonger temporairement les subventions, ainsi qu’à apporter d’autres modifications. Il a affirmé que la Maison-Blanche privilégiait le versement direct d’aides aux consommateurs.
Le plan de Donald Trump intervient plusieurs mois après l’adoption, l’an dernier, d’une importante réforme fiscale et budgétaire par les républicains. Cette réforme a amputé de plus de 1000 milliards $ US sur dix ans les dépenses fédérales de santé et d’aide alimentaire, principalement en imposant des conditions d’emploi aux bénéficiaires et en transférant certaines dépenses fédérales aux États.
