La France traverse actuellement une vague de chaleur inédite avec des records de températures battus pour le mois de mai. Cela s’explique par la présence d’un «dôme de chaleur», une zone de haute pression qui bloque l’air chaud en provenance d’Afrique du Nord.
Selon Météo-France, cet épisode de chaleur précoce est «durable» et pourrait persister au moins jusqu’au début de la semaine prochaine.
Lundi, des températures allant jusqu’à 35°C étaient attendues dans l’ouest de l’Hexagone.
Au total, 18 départements, dont la capitale, sont visés par une vigilance jaune canicule, le premier niveau d’alerte de ce dispositif, normalement activé seulement à partir du 1er juin.
Les températures ont dépassé les 30°C dimanche dans de nombreuses régions, comme à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France.
Une telle chaleur, «ce n’est pas forcément normal à cette période, mais maintenant, malheureusement, je pense que ça va être la norme en France», estime Chloé Voisin, 22 ans, qui visite Bordeaux, auprès de l’AFPTV.
Ce phénomène est dû à l’afflux d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord qui se retrouve piégé sous les hautes pressions d’un puissant anticyclone.
Dans la capitale, un participant à une course à pied a perdu la vie dimanche pendant l’évènement en raison de la chaleur. Une dizaine de coureurs d’un autre événement à Maisons-Alfort, en banlieue parisienne, ont été hospitalisés en «urgence absolue», ont rapporté les autorités.
Selon Météo-France, Paris a connu samedi son premier dépassement du seuil de 30°C de l’année avec 31,9°C.
Des coups de chaleur et malaises ont perturbé d’autres événements sportifs, notamment dans les Alpes-Maritimes, avec de «nombreux malaises» sur une course à pied de 10 kilomètres. Trois victimes en état grave ont été hospitalisées.
Dimanche soir, le ministère des Sports a appelé «à la plus grande vigilance dans la pratique sportive» et exhorté «l’ensemble des pratiquants, encadrants, organisateurs et structures sportives à la plus grande prudence». Rappelons que le tournoi de tennis Roland Garros est en cours et prendra fin le 7 juin prochain.
Plus de 30°C au Royaume-Uni
La France n’est pas la seule à être affectée par des records de températures. C’est le cas également au Royaume-Uni où les températures ont dépassé les 30°C en fin de semaine. Lundi, des températures allant jusqu’à 33,5°C ont été enregistrées à Londres.
«Les records sont généralement battus de quelques dixièmes de degré, ce qui rend cette vague de chaleur exceptionnelle pour cette période de l’année», a indiqué l’agence de météorologie nationale, Met Office.
Le mercure est monté pour la première fois jusqu’à 34,8°C lundi à Kew gardens, parc botanique situé dans le sud-ouest de Londres.
«Lundi est la journée la plus chaude jamais enregistrée en mai, dépassant de 2°C le précédent record» de 32,8°C, enregistré en 1922 puis encore en 1944, a annoncé le Met Office sur X. «Une telle chaleur serait exceptionnelle au Royaume-Uni en plein milieu de l’été», a-t-il souligné.
Ce niveau est «bien au-dessus des normales, qui à Londres par exemple devraient se situer autour de 17 ou 18 degrés», constate pour l’AFP Greg Dewhurst, météorologue au Met Office.
Un avis de canicule a été décrété dans huit endroits d’Angleterre, dont dans le Grand Londres, dans le Suffolk ou l’Essex, dimanche.
Seuls le nord-ouest de l’Écosse et l’Irlande du Nord sont épargnés par les fortes chaleurs, qui touchent une grande partie de l’Europe.
«C’est agréable (d’avoir cette chaleur), mais c’est beaucoup, beaucoup trop chaud par rapport à ce qu’on devrait avoir au Royaume-Uni», témoigne Andrea Quaine, mère de famille de 41 ans, rencontrée dimanche par l’AFP sur le London Bridge.
Elle se dit «inquiète, parce que ça montre évidemment que le réchauffement climatique est en train de se produire».
Selon les climatologues, les vagues de chaleur et les canicules devraient se multiplier et s’intensifier au cours des prochaines années en raison des changements climatiques.
Règlementation en Italie
En Italie, dans la région du Latium, qui comprend Rome, une règlementation limitant le travail «avec exposition prolongée au soleil» entre 12h30 et 16h a été adoptée lundi. En vigueur jusqu’au 15 septembre, cette règle avait été mise en place l’an dernier le 30 mai.
Pour le prévisionniste à Météo-France, François Gourand, le réchauffement climatique «rend très clairement possibles et même probables» des températures «quasiment impossibles ou improbables» il y a 30 ou 40 ans.
Un rapport publié fin avril par le service européen Copernicus sur le changement climatique (C3S) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) rappelait que depuis les années 1980, «l’Europe s’est réchauffée deux fois plus vite que la moyenne mondiale» et que les «vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves» sur au moins 95% du territoire européen.
