Les dirigeants talibans en Afghanistan ont arrêté deux membres afghans de la mission politique de l’ONU dans le pays, ont indiqué mercredi les Nations unies.
La Direction générale du renseignement des talibans a arrêté dimanche ces deux membres du personnel dans la ville d’Hérat, dans l’ouest du pays, a déclaré le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, aux journalistes présents au siège de l’organisation.
Il a précisé que la mission de l’ONU n’avait pas été informée des chefs d’accusation retenus contre ces deux hommes et n’avait pas pu leur rendre visite.
La mission a appelé les talibans «à garantir le respect des privilèges et immunités des Nations unies et de ses fonctionnaires», a dit M. Haq.
Les talibans ont pris le pouvoir le 15 août 2021, alors que les forces américaines et de l’OTAN se retiraient du pays après deux décennies de guerre.
Peu après, ils ont interdit aux filles l’accès aux établissements d’enseignement secondaire, puis ont étendu ces restrictions à l’enseignement supérieur, à l’emploi et à d’autres secteurs, excluant de fait les femmes et les filles de la vie publique.
Le mandat confié à la mission des Nations unies par le Conseil de sécurité comprend la promotion et le soutien de l’aide humanitaire au peuple afghan, la promotion des droits de l’homme, l’égalité pour les femmes et les filles, une gouvernance inclusive et la stabilité économique.
Les deux hommes ont été placés en détention alors que la crise humanitaire s’aggrave dans ce pays asiatique ravagé par la pauvreté, alors que les forces talibanes sont engagées dans des combats transfrontaliers avec les forces pakistanaises.
Les affrontements se sont fortement intensifiés en février lorsque les forces afghanes ont lancé une descente au Pakistan en représailles aux frappes aériennes pakistanaises sur le territoire afghan.
Islamabad a par la suite déclaré qu’il s’agissait d’une «guerre ouverte».
Fereshta Abbasi, chercheuse spécialisée sur l’Afghanistan à Human Rights Watch, a affirmé que leur détention «menaçait gravement le travail de l’ONU dans tout l’Afghanistan et sa capacité à acheminer une aide vitale».
«Les autorités talibanes devraient immédiatement libérer les personnes détenues et veiller à ce que toutes les organisations humanitaires puissent travailler sans intimidation ni ingérence», a-t-elle ajouté.
