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Des dirigeants du Congrès jugent qu’un accord sur l’ICE est toujours possible

«Le président nous a chargés d’effectuer des expulsions en masse, et nous accomplissons cette mission.»

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Des agents fédéraux mènent des opérations de contrôle de l'immigration le jeudi 5 février 2026 à Minneapolis. Des agents fédéraux mènent des opérations de contrôle de l'immigration le jeudi 5 février 2026 à Minneapolis. (Ryan Murphy)

Les dirigeants du Congrès ont avancé mardi qu’un accord était encore possible avec la Maison-Blanche sur le financement du ministère de la Sécurité intérieure avant son expiration en fin de semaine. 

Les deux parties étaient toutefois encore loin d’un accord, les démocrates exigeant de nouvelles restrictions sur la politique d’immigration du président Donald Trump. 

Après que des agents fédéraux ont tué par balle deux personnes à Minneapolis le mois dernier, les démocrates affirment que les services américains de l’immigration et des douanes (ICE) doivent être «considérablement» contrôlés.

Ils sont prêts à laisser le ministère de la Sécurité intérieure être paralysé si leurs demandes ne sont pas satisfaites. 

Le chef de file démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et le chef de file démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, ont indiqué avoir rejeté une contre-proposition de la Maison-Blanche qui «ne comprenait ni détails ni texte législatif» et ne répondait pas «aux préoccupations des Américains concernant le comportement illégal de l’ICE».

«Nous voulons simplement que l’ICE respecte les mêmes normes que celles déjà appliquées par la plupart des forces de l’ordre à travers les États-Unis, a expliqué M. Schumer mardi. Les démocrates attendent la prochaine réponse de leurs homologues républicains.» 

Le rejet par les démocrates de la contre-proposition républicaine intervient alors que le temps presse, la paralysie du ministère de la Sécurité intérieure menaçant de commencer samedi. 

Parmi les demandes des démocrates figurent l’obligation d’obtenir des mandats judiciaires, une meilleure identification des agents du ministère, de nouvelles normes en matière d’usage de la force et la fin du profilage racial. 

Il sera extrêmement difficile de trouver un accord sur la question controversée et partisane de l’application des lois sur l’immigration. 

Mais alors même que les législateurs des deux partis se montraient sceptiques, un responsable de la Maison-Blanche a déclaré que l’administration menait des discussions constructives avec les républicains et les démocrates. 

Ce responsable, qui a souhaité garder l’anonymat pour pouvoir s’exprimer sur les délibérations en cours, a souligné que M. Trump souhaitait que le gouvernement reste ouvert et que les services de sécurité intérieure soient financés.

Les dirigeants du Sénat ont également fait preuve d’un certain optimisme. 

«Il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas y parvenir» d’ici la fin de la semaine, a souligné M. Schumer, après avoir rencontré son groupe parlementaire mardi. 

Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, républicain du Dakota du Sud, a mentionné qu’il y avait eu «des conversations vraiment productives». 

Les revendications des démocrates

MM. Schumer et Jeffries ont précisé qu’ils souhaitaient que les agents d’immigration retirent leurs masques, présentent une pièce d’identité et coordonnent mieux leurs actions avec les autorités locales. 

Ils ont également exigé une politique plus stricte en matière d’usage de la force pour les agents fédéraux, des garanties juridiques dans les centres de détention et l’interdiction de suivre les manifestants à l’aide de caméras corporelles.

Entre autres demandes, les démocrates affirment que le Congrès devrait mettre fin aux arrestations arbitraires, «améliorer les procédures et les normes en matière de mandats», veiller à ce que la loi stipule clairement que les agents ne peuvent pas pénétrer dans une propriété privée sans mandat judiciaire et exiger que, avant de pouvoir être détenue, une personne soit identifiée comme n’étant pas citoyenne américaine.

Contre-proposition républicaine

M. Jeffries a expliqué que l’offre de la Maison-Blanche «s’éloignait» de leurs propositions visant à améliorer l’identification des agents de l’ICE, à multiplier les mandats judiciaires et à interdire le recours excessif à la force. 

Les républicains ont également rejeté leur demande de mettre fin au profilage racial ou ethnique, a-t-il ajouté.

Le sénateur de l’Oklahoma Markwayne Mullin, un proche allié de M. Trump, a précisé qu’il était prêt à discuter de l’augmentation du nombre de caméras corporelles et de l’amélioration de la formation — deux mesures qui figurent déjà dans le projet de loi sur les dépenses intérieures — mais qu’il rejetterait les demandes les plus importantes des démocrates.

Les républicains estiment que les agents de l’ICE devraient être autorisés à porter des masques, car ils sont plus souvent pris pour cible que les autres agents des forces de l’ordre.

Certains républicains ont également leurs propres revendications, notamment l’ajout d’une législation qui exigerait une preuve de citoyenneté avant que les Américains ne s’inscrivent sur les listes électorales et des restrictions pour les villes qui, selon eux, ne font pas assez pour lutter contre l’immigration illégale. 

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré à la fin de la semaine dernière que l’administration Trump était disposée à discuter de certains points de la liste des démocrates, mais que «d’autres ne semblaient pas reposer sur le bon sens et étaient inacceptables pour cette administration».