L’armée malienne a confirmé l’attaque, indiquant dans un communiqué que des groupes armés avaient tendu une embuscade au convoi de soldats maliens et de leurs partenaires dans une zone reculée de la région de Gao, au nord du pays, et qu’elle lançait des contre-attaques.
Il s’agit de la dernière d’une série d’attaques menées ces derniers mois par des militants contre les forces de sécurité maliennes, alors que les groupes armés se disputent l’influence et les territoires dans la région du Sahel.
Plus tard dans la journée, l’armée a dit avoir mené des «frappes de précision contre des positions ennemies» dans la zone où l’attaque s’était produite.
«Trois positions terroristes ont été prises pour cible avec succès et plusieurs terroristes ont été neutralisés, a-t-elle indiqué. Ces opérations ont permis au convoi de se dégager des embuscades et de poursuivre sa route.»
Tant le JNIM, affilié régional d’Al-Qaïda, que le Front de Libération de l’Azawad (FLA), un groupe séparatiste, ont revendiqué séparément l’attaque, la qualifiant d’opération conjointe, dans des communiqués faisant état de «lourdes pertes humaines» et de «graves dégâts matériels» du côté de l’armée malienne.
Ces groupes ont précisé que le convoi était composé à la fois de l’armée malienne et du Africa Corps (AC), dont les forces apportent leur soutien à l’armée malienne sur le terrain.
Il s’agit de la dernière collaboration en date entre ces deux groupes, qui, selon les observateurs, fait peser de lourds risques sur la stabilité du Mali et sur la junte au pouvoir.
«De nombreux soldats ont été tués, d’autres ont été capturés vivants. Des véhicules de l’armée, notamment des véhicules blindés, ont été détruits et d’autres ont été saisis en bon état», a relaté le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane.
Le convoi militaire quittait la ville d’Anefis, dans le nord du pays, et se dirigeait vers Gao lorsqu’il a été pris en embuscade dans le désert du Sahara.
La nature exacte du convoi n’était pas claire dans l’immédiat, bien que des camions-citernes aient été aperçus parmi les véhicules, ce qui laisse penser qu’il s’agissait d’un convoi logistique malien.
Les rebelles ont diffusé des vidéos qui montreraient des soldats alignés, semblant se rendre, alors qu’ils sont encerclés par les militants et des véhicules militaires maliens.
Sur l’une de ces vidéos, on voit les rebelles ouvrir le feu sur certains soldats allongés au sol. On voit également ces soldats être transportés dans des véhicules appartenant aux groupes armés.
L’Associated Press n’a pas pu vérifier de manière indépendante l’authenticité de ces vidéos.
Une série d’attaques menées par des militants contre les forces de sécurité maliennes a eu lieu ces derniers mois, alors que des groupes armés se disputent l’influence et les territoires dans la région du Sahel.
Le Mali, pays enclavé, fait partie du Sahel, une vaste bande de terre au sud du désert du Sahara qui est devenue ces dernières années l’épicentre de la violence extrémiste.
Dans le nord du Mali, des groupes séparatistes dirigés par des Touaregs se battent depuis des années pour créer un État indépendant nommé Azawad. En 2024, ils ont fusionné pour former le Front de Libération de l’Azawad (FLA).
Le FLA et le JNIM ont multiplié leurs collaborations dans le cadre de leurs attaques contre les forces maliennes, notamment lors de la plus grande attaque coordonnée menée depuis plus d’une décennie dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui a eu lieu en avril.
