Des millions de personnes risquent des problèmes de santé en Indonésie en raison des épaisses fumées qui touchent plusieurs provinces, au moment où les feux de forêt attisés par El Niño font des ravages, ont déclaré mercredi les autorités.
Depuis plusieurs semaines, l’archipel fait face à de vastes feux de forêt sur les îles de Bornéo et de Sumatra. Leur fumée voyage au-delà des incendies et gêne les habitants jusqu’en Malaisie et à Singapour.
Le ministère de la Santé a indiqué mercredi que 3,4 millions de personnes en Indonésie étaient exposées à un risque d’infections respiratoires en raison des incendies. Des milliers de personnes ont déjà reçu des soins.
À Pekanbaru, sur l’île de Sumatra, les autorités ont fermé des dizaines d’écoles et à exhortent les habitants à rester chez eux.
«Le smog s’épaissit la nuit et transforme Pekanbaru en une ville presque fantôme. Beaucoup de gens n’osent pas sortir. Et s’ils le font, ils portent des masques», a décrit à l’AFP Abdullah, qui habite la ville.
«J’ai tellement mal aux yeux. Quand je sors, j’ai vraiment l’impression de respirer la fumée de déchets fraîchement brûlés», a ajouté cet entrepreneur de 38 ans qui, comme beaucoup d’Indonésiens, porte un seul nom.
«Mon enfant de quatre ans et moi avons commencé à beaucoup tousser, surtout quand on reste trop longtemps à l’extérieur», a déclaré à l’AFP Farida, femme au foyer de 31 ans dans la province voisine de Jambi. «J’ai du mal à respirer».
Les autorités de Jambi ont ordonné aux élèves d’écoles maternelles et élémentaires de rester chez eux jusqu’à la fin de la semaine.
Le ministère de la Santé a dit avoir distribué plus de 260 000 masques aux habitants des zones les plus sévèrement touchées.
Le gouvernement indonésien a déployé des dizaines d’hélicoptères, d’avions et de pompes à eau, ainsi que des milliers de personnes, pour lutter contre les flammes, a assuré mardi le président Prabowo Subianto.
«Je pense que la situation commence désormais à être maîtrisée et les dégâts limités», a-t-il déclaré.
La plupart des feux de forêt sont attribués aux défrichages par brûlis pour l’agriculture.
Entre janvier et juillet, ils ont ravagé plus de 200 000 hectares, une superficie trois fois supérieure à celle de la capitale Jakarta, a indiqué le gouvernement la semaine dernière.
La superficie brûlée est déjà plus étendue que lors des saisons El Niño de 2019 et 2023. Ce phénomène naturel, qui s’ajoute au changement climatique d’origine humaine, entraîne des changements au niveau des vents, de la pression atmosphérique et des régimes pluviométriques. Il provoque généralement des sécheresses en Indonésie.
La police nationale indonésienne a déclaré ce week-end que 72 personnes avaient été arrêtées, soupçonnées d’avoir déclenché des incendies.
