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Des membres de la Garde nationale en patrouille à Memphis ont abattu un homme

Ces membres de la Garde font partie d’une force opérationnelle fédérale déployée à Memphis à l’initiative du président Donald Trump.

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Photo non datée de Tyrin Johnson, fournie par son grand-père, Evaniel Johnson. Via Photo AP Photo non datée de Tyrin Johnson, fournie par son grand-père, Evaniel Johnson. Via Photo AP (Uncredited)

Deux membres de la Garde nationale du Tennessee affectés à une patrouille de lutte contre la criminalité à Memphis ont abattu dimanche un homme qui s’était tourné vers eux, une arme à la main, lors d’une poursuite dans le centre-ville, ont indiqué les autorités.

Ces membres de la Garde font partie d’une force opérationnelle fédérale déployée à Memphis à l’initiative du président Donald Trump, qui avait envoyé l’année dernière des troupes et des agents fédéraux dans des villes dirigées par des démocrates qu’il qualifiait de «submergées par la criminalité». Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, un républicain, avait déployé la Garde pour soutenir cette initiative.

Les autorités ont indiqué que les soldats à Memphis intervenaient aux côtés de la police locale après des signalements de coups de feu vers 4 heures du matin, lorsqu’ils ont commencé à poursuivre un homme armé qui s’enfuyait à pied.

Les membres de la Garde nationale ont ouvert le feu après que l’homme s’est tourné vers eux, arme au poing, selon le service de police de la ville.

Le Bureau d’enquête du Tennessee (TBI) a identifié l’homme comme étant Tyrin Johnson, âgé de 20 ans, et a indiqué qu’il enquêtait sur les circonstances de la fusillade. Aucun agent des forces de l’ordre n’a été blessé, a ajouté l’agence.

M. Johnson est décédé sur les lieux après que deux spécialistes médicaux de la Garde nationale eurent tenté de lui prodiguer les premiers secours, a écrit dans un communiqué le porte-parole de la Garde nationale, le lieutenant-colonel Darrin Haas.

Le cousin aîné de M. Johnson, Terracle Nelson, âgé de 46 ans, a rapporté que les autorités avaient indiqué aux membres de la famille qu’il avait reçu deux balles dans la poitrine. Dimanche, les autorités n’ont pas immédiatement répondu aux questions concernant le nombre de coups de feu tirés et le TBI a refusé de commenter le récit de M. Nelson concernant la fusillade.

Evaniel Johnson a raconté que son petit-fils avait suivi des cours à l’université d’État du Tennessee, qu’il était père d’un jeune enfant et qu’il se préparait à prendre la direction de l’entreprise familiale de construction. Il a ajouté que son petit-fils était également passionné par la musique.

Il a déclaré vouloir examiner les conclusions des enquêteurs ainsi que toute vidéo de la fusillade avant de se forger une opinion.

«Je croyais en lui, et je sais qu’il avait encore toute la vie devant lui, a dit M. Johnson. La réalité déchirante, c’est qu’il n’aura jamais la chance de profiter de ce que nous étions en train de construire ensemble. C’est une douleur qu’aucun grand-parent ne devrait jamais avoir à endurer.»

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Le maire Paul Young a qualifié la fusillade d’«incident malheureux» et a indiqué qu’il attendait les résultats de l’enquête du TBI avant de s’exprimer davantage, selon un communiqué fourni par la porte-parole Penelope Huston.

Une recherche effectuée dimanche dans les archives en ligne des tribunaux fédéraux et d’État n’a pas immédiatement révélé d’affaires liées à Johnson. À Memphis et à Nashville, les archives judiciaires locales indiquaient qu’il avait commis quelques infractions mineures au code de la route.

Des troupes fédérales patrouillent dans la ville depuis octobre, malgré les objections de M. Young, un démocrate. Ces troupes font partie de la «Memphis Safe Task Force», mise en place par Donald Trump et composée d’agences fédérales et locales.

Celle-ci a conduit à plus de 10 000 arrestations, a indiqué en juin le United States Marshals Service.

Au moins quatre fusillades impliquant des agents et liées à ce groupe de travail ont eu lieu, selon les données du TBI. Deux de ces fusillades se sont produites en mai et n’ont pas impliqué de membres de la Garde nationale ayant fait usage de leurs armes. Le TBI a également établi un lien entre ce groupe de travail et une fusillade survenue en octobre, sans toutefois préciser quelles forces de l’ordre étaient impliquées.

Le TBI et la Garde nationale n’ont pas répondu aux questions visant à savoir si la fusillade de dimanche constituait la première fois que des soldats avaient fait usage de leurs armes depuis leur déploiement dans la ville.

Depuis des années, Memphis, dont la population dépasse les 600 000 habitants, est confrontée à un taux élevé de crimes violents, notamment des agressions, des vols de voiture et des homicides.

Des responsables tant démocrates que républicains ont constaté l’année dernière une baisse dans certaines catégories de criminalité, avant le déploiement et parallèlement aux tendances observées dans d’autres villes américaines.

En avril, la Cour d’appel du Tennessee a statué que les responsables démocrates de l’État et locaux n’avaient pas qualité pour s’opposer au déploiement de troupes fédérales à Memphis.