Des milliers de personnes ont manifesté samedi contre les guerres au Moyen-Orient et les réformes judiciaires proposées par le gouvernement conservateur italien, établissant un lien entre les tensions internationales et une bataille politique nationale qui s’intensifie à l’approche d’un référendum national.
Le référendum des 22 et 23 mars sur les changements du système judiciaire est devenu un test politique majeur pour le gouvernement de la première ministre Giorgia Meloni, qui doit faire face à des élections l’année prochaine. Le débat sur les réformes judiciaires s’est transformé en une confrontation plus large entre la première ministre et ses adversaires politiques.
Dans le centre de Rome, des manifestants brandissant des banderoles rouges des syndicats ainsi que des drapeaux palestiniens et cubains ont scandé «Gouvernement Meloni, démissionnez» avant que le rassemblement ne se termine pacifiquement.
«Les États-Unis et Israël détruisent toute forme de coexistence dictée par le droit international», a déclaré la manifestante Sandra Paganini.
«Ils nous entraînent vers une guerre mondiale dans laquelle ils prennent pour cible des personnes totalement innocentes qui n’ont rien fait de mal, en intervenant et en détruisant des nations», a-t-elle ajouté.
Mme Meloni a déclaré que ces réformes étaient nécessaires pour lutter contre les retards chroniques des tribunaux italiens et restaurer la confiance du public dans le système judiciaire. Mais ses opposants affirment que ces changements pourraient affaiblir l’indépendance judiciaire et soumettre les juges à des influences politiques.
Le référendum revêt de plus en plus le caractère d’un test politique pour la première ministre, qui s’est directement jointe à la campagne cette semaine.
«Si la justice ne fonctionne pas, si elle est lente, si elle est inefficace, si elle est injuste, alors toute la machine se bloque et tout le monde en paie les conséquences», a affirmé Mme Meloni lors d’un discours de campagne à Milan jeudi.
Les manifestations contre la guerre se sont multipliées depuis le lancement, le 28 février, de frappes aériennes à grande échelle menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, visant des sites militaires et de hauts dirigeants, et déclenchant des frappes de représailles qui ont secoué les marchés mondiaux.
Des manifestations ont également eu lieu samedi dans toute l’Espagne, où des rassemblements ont été organisés dans des dizaines de villes par une coalition d’associations civiques appelant à la fin du conflit au Moyen-Orient. À Madrid, des milliers de personnes ont scandé des slogans contre la guerre et exprimé leur solidarité avec les civils touchés par le conflit.
D’autres manifestations ont eu lieu en début de semaine à Athènes et dans d’autres villes de Grèce.
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Derek Gatopoulos a contribué à cette dépêche depuis Athènes, en Grèce.
Silvia Stellacci et Derek Gatopoulos, The Associated Press
