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Des manifestations tenues en Pologne pour la libéralisation du droit à l’avortement

«Depuis six ans rien n’a changé.»

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Un manifestant tient une pancarte lors d'une manifestation contre la loi polonaise sur l'avortement et pour réclamer la légalisation de l'avortement à Varsovie, en Pologne, le jeudi 22 octobre 2026. Un manifestant tient une pancarte lors d'une manifestation contre la loi polonaise sur l'avortement et pour réclamer la légalisation de l'avortement à Varsovie, en Pologne, le jeudi 22 octobre 2026. (Beata Zawrzel/AP Photo/Beata Zawrzel)

Des manifestations ont eu lieu dans toute la Pologne jeudi pour réclamer la libéralisation du droit à l’avortement, à l’occasion du sixième anniversaire de l’interdiction quasi totale de l’avortement imposée par la Cour constitutionnelle.

«Depuis six ans rien n’a changé», a déclaré à l’AFP Mila Niemiec, une des responsables d’un centre d’aide à l’avortement situé juste en face du parlement où, sous la pluie, s’est rassemblé environ un millier de personnes.

Des réunions semblables sont tenues dans plus d’une vingtaine d’autres villes, selon les images des télévisions.

Les rassemblements ont lieu quelques jours après l’adoption par le parlement de deux projets de loi visant à assouplir la législation sur l’avortement, l’une des plus restrictives d’Europe, une réforme à laquelle le président nationaliste devrait toutefois opposer son veto.

Un manifestant brandit une pancarte sur laquelle on peut lire : « C'était une question de loi, pas de compromis ! » lors d'une manifestation contre la loi polonaise sur l'avortement et pour réclamer la légalisation de l'avortement à Varsovie, en Pologne, le jeudi 22 octobre 2026. Un manifestant brandit une pancarte sur laquelle on peut lire : « C'était une question de loi, pas de compromis ! » lors d'une manifestation contre la loi polonaise sur l'avortement et pour réclamer la légalisation de l'avortement à Varsovie, en Pologne, le jeudi 22 octobre 2026. (Beata Zawrzel/AP Photo/Beata Zawrzel)

Les élus du Sejm ont validé ces textes soutenus par le gouvernement centriste de Donald Tusk, qui dépénalisent partiellement l’aide à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et en rétablissent l’accès en cas de graves malformations du fœtus.

Les organisations des femmes ont jugé ces changements insuffisants. «Ce ne sont que des miettes», a déclaré à l’AFP Kinga Jelinska, directrice de la fondation Women Help Women et cofondatrice de l’Abortion Dream Team.

Actuellement en Pologne, pays traditionnellement catholique, l’avortement n’est légal que lorsque la grossesse résulte d’un acte criminel, comme un viol ou un inceste, ou lorsqu’elle menace la vie ou la santé de la mère.

Le gouvernement de Tusk avait promis de libéraliser la législation avant sa victoire aux élections de 2023, mais les divisions au sein de la coalition ont ralenti les progrès.

«Nous exigeons la dépénalisation et l’accès à l’avortement par le système de santé public», ont écrit les organisateurs des manifestations.

En 2020, le Tribunal constitutionnel, contrôlé par les nationalistes, alors au pouvoir, avait rendu l’avortement illégal en cas de graves malformations du fœtus.

Une manifestante porte une boucle d'oreille sur laquelle on peut lire « Avortement » alors qu'elle participe à une manifestation contre la loi polonaise sur l'avortement et pour réclamer la légalisation de l'avortement à Varsovie, en Pologne, ce jeudi 22 octobre 2026. Une manifestante porte une boucle d'oreille sur laquelle on peut lire « Avortement » alors qu'elle participe à une manifestation contre la loi polonaise sur l'avortement et pour réclamer la légalisation de l'avortement à Varsovie, en Pologne, ce jeudi 22 octobre 2026. (Beata Zawrzel/AP Photo/Beata Zawrzel)

Avant cette décision, 98% des avortements légaux en Pologne étaient pratiqués pour cette raison.

Les nouvelles restrictions avaient déclenché un torrent de protestations dans tout le pays, les plus grandes manifestations de masse en Pologne depuis le mouvement anticommuniste de 1989.

Selon les données du Fonds national de santé polonais (NFZ), 573 avortements ont été pratiqués dans les hôpitaux publics au cours du premier semestre 2026, contre 851 l’an dernier.

Toute tentative d’assouplir les lois sur l’avortement se heurterait au veto du président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, soutenu par le parti Droit et Justice (PiS) qui a provoqué et maintenu l’arrêt rendu par la cour en 2020 quand il était au pouvoir.