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Des manifestants ont été arrêtés devant un bâtiment fédéral à Minneapolis

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Des contre-manifestants protestent contre Jake Lang le samedi 7 février 2026 à Minneapolis. (Photo AP/Ryan Murphy) Des contre-manifestants protestent contre Jake Lang le samedi 7 février 2026 à Minneapolis. (Ryan Murphy/Associated Press)

La police a arrêté samedi plusieurs manifestants devant un bâtiment fédéral à Minneapolis, dispersant un rassemblement commémorant le premier mois de la mort d’une habitante du Minnesota, Renee Good, tuée par un agent de l’immigration.

Renee Good a été tuée le 7 janvier alors qu’elle fuyait des agents de l’immigration dans un quartier de Minneapolis. Son décès, ainsi que celui d’un autre habitant de Minneapolis, Alex Pretti, quelques semaines plus tard, ont suscité l’indignation à travers le pays face à la politique d’immigration du président Donald Trump.

Des dizaines de manifestants se sont rassemblés en face du bâtiment fédéral Bishop Henry Whipple vers midi, lançant des bouteilles et des objets sexuels sur un cordon de policiers qui gardait les lieux.

Le Minnesota Star Tribune a rapporté que les policiers ont arrêté une poignée de manifestants après que la foule a commencé à jeter des morceaux de glace. Un adjoint du shérif a été blessé à la tête et le pare-brise d’un véhicule de patrouille a été brisé, selon un communiqué du bureau du shérif du comté de Hennepin obtenu par le journal.

La police a déclaré le rassemblement illégal et a ordonné aux manifestants de se disperser. Nombre d’entre eux ont obtempéré, relate le Star Tribune. Cependant, une centaine de personnes sont restées face aux adjoints du shérif, aux policiers d’État et aux agents de la faune.

Le bureau du shérif n’a pas répondu aux courriels, messages vocaux et SMS envoyés samedi après-midi par l’Associated Press, qui demandait une copie du communiqué et s’enquérait du nombre d’arrestations, des éventuelles blessures et des circonstances des arrestations.

Parallèlement, samedi, des centaines de personnes se sont rassemblées dans un champ enneigé d’un parc de Minneapolis pour rendre hommage à Mme Good et M. Pretti. Les organisateurs de l’événement ont repris les critiques récentes concernant la répression de l’immigration au Minnesota, la qualifiant d’occupation fédérale.

Un chef spirituel lakota, Arvol Looking Horse, a dirigé une cérémonie au milieu d’une foule brandissant des pancartes et des drapeaux américains. D’autres ont partagé de la musique et de la poésie en hommage aux deux personnes devenues des figures centrales du débat polarisant sur l’immigration ces dernières semaines.

Le 7 janvier, à Minneapolis, une mère de 3 enfants de 37 ans a été abattue par un agent fédéral de l’immigration dans sa voiture. Trois agents ont encerclé son VUS Honda Pilot sur une rue enneigée, à quelques pâtés de maisons de son domicile. Une vidéo filmée par un témoin montre un agent s’approchant du VUS immobilisé au milieu de la chaussée, exigeant du conducteur qu’il ouvre la portière et saisissant la poignée.

Le véhicule a commencé à avancer et un autre agent de l’ICE, posté devant, a sorti son arme et a immédiatement tiré à bout portant, reculant d’un bond lorsque le véhicule s’est dirigé vers lui. L’administration Trump a présenté Mme Good comme une terroriste intérieure qui aurait tenté de renverser un agent avec son véhicule. Les autorités locales et de l’État ont rejeté cette version.

M. Pretti a été tué le 24 janvier lors d’une altercation avec des agents de l’immigration dans la rue. Une vidéo filmée par un témoin montre une demi-douzaine d’agents plaquant M. Pretti au sol. L’un des policiers a repéré l’arme de M. Pretti, pour laquelle il avait un permis, et a crié: «Il a une arme!» Deux agents ont alors ouvert le feu.

Le responsable de la politique frontalière de l’administration Trump, Tom Homan, a annoncé mercredi le retrait de 700 agents de l’immigration du Minnesota — soit environ un quart des effectifs déployés dans cet État — après que les autorités locales et de l’État ont accepté, la semaine précédente, de coopérer en remettant les immigrants arrêtés. M. Homan n’a cependant pas précisé quand l’administration mettrait fin à cette répression dans l’État.

L’épouse de Mme Good, Becca Good, a publié un communiqué samedi, affirmant que la politique d’immigration pénalise les habitants de Minneapolis et que personne ne connaît leurs noms.

«Vous connaissez le nom de ma femme et celui d’Alex, mais il y a beaucoup d’autres personnes dans cette ville qui souffrent et que vous ne connaissez pas — leurs familles souffrent autant que la mienne, même si elles ne leur ressemblent pas, a souligné Becca Good dans son communiqué. Ce sont des voisins, des amis, des collègues, des camarades de classe. Et nous devons aussi connaître leurs noms, car cela ne devrait arriver à personne.»