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Des hommes armés ont ouvert le feu et tué au moins 25 personnes au Honduras

Deux attaques distinctes ont eu lieu.

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Des agents de la Direction de la police chargée de la lutte contre les maras et les gangs (DIPAMPCO) transfèrent des suspects à San Pedro Sula, au Honduras, mardi 27 juin 2023. Photo AP/Delmer Martinez Des agents de la Direction de la police chargée de la lutte contre les maras et les gangs (DIPAMPCO) transfèrent des suspects à San Pedro Sula, au Honduras, mardi 27 juin 2023. Photo AP (Delmer Martinez)

Des hommes armés ont ouvert le feu jeudi lors de deux attaques distinctes sur la côte hondurienne, tuant au moins vingt-cinq personnes, dont six policiers, ont indiqué les autorités.

Le premier incident s’est produit dans une plantation de la municipalité de Trujillo, dans le nord du Honduras, où au moins 19 travailleurs ont été victimes d’une tuerie, selon le porte-parole du parquet, Yuri Mora.

Cette région riche en ressources est le théâtre d’un conflit agraire qui dure depuis des décennies.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme a déjà pris des mesures de précaution en faveur de certains militants de la région qui ont été menacés, surveillés et intimidés en raison de leur travail de défense de l’environnement et des droits fonciers.

L’assassinat en 2024 du leader environnementaliste Juan López a mis en évidence les dangers liés à la défense des ressources naturelles dans cette zone hautement militarisée du Honduras. Ce pays d’Amérique centrale figure régulièrement parmi les plus dangereux pour les écologistes, avec cinq assassinats en 2024 et 18 l’année précédente, selon l’organisation non gouvernementale Global Witness.

Trois personnes ont récemment été arrêtées pour avoir orchestré l’assassinat de M. López, offrant un rare aperçu de la justice dans un pays où le taux d’impunité est élevé.

Lors de la deuxième attaque, des assaillants ont ouvert le feu sur des policiers dans la municipalité d’Omoa, dans le département de Cortés, près de la frontière guatémaltèque, tuant six agents, dont un officier supérieur, a indiqué la police.

Les agents étaient affectés à une mission antigang et ont été attaqués alors qu’ils se rendaient à Omoa depuis la capitale, Tegucigalpa, a indiqué la police.

Le porte-parole de la police nationale, Edgardo Barahona, a déclaré plus tôt jeudi que le décompte des victimes à Trujillo était compliqué, en partie parce que les proches des victimes avaient emporté les corps de leurs proches. Des enquêteurs ont été dépêchés sur les lieux, a-t-il ajouté.

La police nationale et les forces armées interviendront dans les deux zones où les attaques ont eu lieu, et des équipes composées notamment de spécialistes de la médecine légale et de procureurs seront constituées pour mener l’enquête, a déclaré le ministère de la Sécurité.

Le Honduras est confronté à des taux de criminalité élevés liés aux gangs et au trafic transnational de drogue, bien que son taux d’homicides ait considérablement diminué ces dernières années depuis un pic de 83 meurtres pour 100 000 habitants en 2011, selon la Banque mondiale.

Les organisations internationales de défense des droits de la personne ont critiqué le Honduras pour son approche militarisée de la lutte contre la criminalité, qui, selon elles, a conduit à des violations des droits humains, notamment des actes de torture, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires.

Cela inclut un état d’exception de trois ans visant à suspendre certains droits constitutionnels et à accorder plus de pouvoirs aux forces de sécurité, qui a pris fin en janvier 2026.