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Des groupes craignent une crise sanitaire après les séismes au Venezuela

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Une femme porte son fils alors qu'elle attend de l'aide humanitaire à La Guaira, au Venezuela, le 30 juin 2026. Photo AP/Matias Delacroix Une femme porte son fils alors qu'elle attend de l'aide humanitaire à La Guaira, au Venezuela, le 30 juin 2026. Photo AP/Matias Delacroix (Matias Delacroix)

Des organisations humanitaires ont averti mardi que le fragile système de santé vénézuélien était poussé à ses limites près d’une semaine après deux puissants séismes: les hôpitaux endommagés et en sous-effectif sont submergés par l’afflux de blessés, tandis que la détérioration des conditions dans la zone sinistrée favorise la propagation de maladies infectieuses.

Les nombreuses équipes internationales et nationales présentes dans tout le Venezuela continuent de se concentrer sur la recherche de survivants, alors que le bilan officiel établi par le gouvernement dépasse les 1700 morts et que de nouveaux corps sont encore extraits des décombres.

Mais une crise humanitaire se profile déjà parmi les survivants. Les agences des Nations unies ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences sanitaires pour les milliers de personnes déplacées qui dorment depuis des jours à la belle étoile ou dans des abris surpeuplés et insalubres.

Les autorités vénézuéliennes ont affirmé que plus de 15 800 personnes avaient été touchées par les séismes — un chiffre qui correspond au nombre officiel de personnes déplacées, a précisé mardi Carlotta Wolf, porte-parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les Vénézuéliens soudainement à la rue dorment dans des voitures, des parcs et ailleurs, faute d’abris d’urgence adéquats.

Mme Wolf a indiqué que ce nombre continuerait d’augmenter. Elle a ajouté que bon nombre des personnes déplacées dans l’État de La Guaira, la région la plus durement touchée, souffraient d’une pénurie alimentaire généralisée.

Lors d’un point presse à Genève mardi, le porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé, Christian Lindmeier, a averti que les Vénézuéliens déplacés, privés d’accès aux toilettes, aux douches, au savon ou à une alimentation suffisamment nutritive, se trouvent exposés à l’apparition de maladies évitables, telles que la rougeole, compte tenu des faibles taux de vaccination de la population. Les conditions sont réunies pour que des infections d’origine hydrique, comme la dengue, la fièvre jaune et le paludisme se propagent.

Le système de santé vénézuélien, mis à rude épreuve par des décennies de sous-investissement et des années de crise économique, est «actuellement soumis à une pression extrême, les établissements fonctionnant au-delà de leur capacité face à l’afflux de cas de traumatismes», a indiqué M. Lindmeier.

Selon le gouvernement, les séismes de la semaine dernière ont endommagé ou rendu inopérants 38 hôpitaux à travers le pays. L’OMS a indiqué avoir évalué jusqu’à présent 21 de ces établissements, dont trois ne sont plus opérationnels. Six autres ont subi des dégâts et les autres croulent sous l’afflux de blessés.

De nombreux médecins spécialistes sont portés disparus sous les décombres, notamment les responsables des soins obstétricaux à La Guaira, a rapporté l’OMS, ce qui aggrave encore les difficultés rencontrées par le système de santé. De nombreux médecins et infirmiers figurent parmi quelque 8 millions de personnes ayant quitté le pays dans les dernières années.

«Les constatations révèlent une prestation de soins et une gestion des flux de patients chaotiques, marquées par la surpopulation, un retard croissant dans les interventions chirurgicales (…) et une défaillance des mesures de biosécurité», a déclaré M. Lindmeier.

Il a ajouté que «l’effondrement des services médico-légaux et des morgues et l’enregistrement insuffisant des victimes» ont rendu difficile l’évaluation de l’ampleur de la catastrophe.

Le gouvernement vénézuélien, qui contrôle depuis longtemps l’accès à l’information, publie quotidiennement un bilan des victimes. Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, a annoncé lundi que le bilan officiel s’élevait à 1719 morts et 5000 blessés. Il a mis en garde la population contre la diffusion d’informations contredisant celles des autorités.

Selon des experts, le bilan officiel est probablement largement sous-estimé, car de nombreuses personnes sont toujours portées disparues et les espoirs de retrouver des survivants s’amenuisent de jour en jour.

La NASA estime que près de 59 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits par les séismes, ce qui porterait à plusieurs centaines de milliers le nombre de personnes touchées par ces secousses. L’UNICEF a déclaré mardi que 680 000 enfants avaient besoin d’une aide humanitaire à travers le pays.

Les autorités n’ayant pas communiqué de bilan officiel des personnes portées disparues, de nombreux Vénézuéliens se tournent vers des bases de données numériques non gouvernementales pour signaler la disparition de leurs proches. L’un de ces registres recense au moins 43 220 personnes portées disparues.