Des attaques menées par la Russie dans la nuit de jeudi à vendredi ont fait au moins trois morts en Ukraine, ont annoncé vendredi des responsables locaux.
Dans la région d’Odessa, une attaque russe «massive» a fait un mort et au moins cinq blessés, dont un enfant, a indiqué le chef de la région, Oleg Kiper, sur Telegram. Les frappes ont endommagé plusieurs immeubles résidentiels.
Ailleurs en Ukraine, deux policiers ont été tués par les frappes nocturnes à Dnipro, ont indiqué des responsables, tandis qu’une attaque de drones qui a touché un immeuble résidentiel à Kyiv a fait trois blessés.
En Russie, une frappe ukrainienne de grande envergure menée par des drones a touché la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire, ainsi que le district voisin de Sirius, ont indiqué vendredi des responsables régionaux.
Ces responsables ont précisé que l’attaque avait provoqué un incendie dans un dépôt pétrolier, sans toutefois donner plus de détails. Les médias russes ont fait état de deux dépôts touchés, avec un incendie à Sotchi et un autre à Sirius.
L’Ukraine a pris pour cible à plusieurs reprises des installations pétrolières qui constituent l’épine dorsale de l’économie russe, l’un des plus grands producteurs d’énergie au monde.
La pression économique croissante et la frustration de la population se sont intensifiées en Russie après des mois d’escalade des frappes ukrainiennes contre des raffineries et des entrepôts de commerce électronique.
Ces salves de frappes ont poussé le président russe, Vladimir Poutine, à décréter le mois dernier que l’État pouvait temporairement prendre le contrôle des infrastructures critiques si les propriétaires privés ne parvenaient pas à les protéger des attaques de drones ukrainiens ou ne faisaient pas de travaux après les frappes.
Selon les analystes, cette mesure visait à contraindre les entreprises à financer elles-mêmes leur sécurité et à remettre en service les installations endommagées, quel qu’en soit le coût.
Négociations cette fin de semaine?
Les efforts menés par les États-Unis pour négocier un accord n’ont pas encore débouché sur une voie vers la paix.
Lors de son allocution de fin de journée, jeudi, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a mentionné que des dates préliminaires avaient été fixées pour des réunions à Moscou et à Kyiv.
L’équipe de négociation ukrainienne est en contact quasi permanent avec la partie américaine et se prépare aux pourparlers, a-t-il précisé.
«Ils ont confirmé qu’ils tiendraient une réunion à Moscou et une autre à Kyiv. Nous nous attendons à ce que cette dernière ait lieu dans les prochains jours», a souligné M. Zelensky, ajoutant que l’Ukraine est prête pour des négociations de fond.
«Il est important que les États-Unis restent activement engagés», a-t-il soutenu.
L’agence de presse d’État russe TASS a rapporté vendredi que les négociateurs américains Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient à Moscou et Kyiv samedi et dimanche. Cette information n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
S’adressant aux journalistes vendredi, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a refusé de confirmer ces informations, se contentant d’indiquer que les médias seraient informés si une telle rencontre avait lieu à Moscou.
Les responsables américains n’ont pas confirmé cette visite dans l’immédiat.
Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus à Moscou pour la dernière fois en janvier. Ils avaient alors rencontré le président Poutine.
À l’issue de cette rencontre, le conseiller présidentiel russe, Youri Ouchakov, avait qualifié les discussions de constructives, tout en précisant qu’il ne fallait pas s’attendre à un règlement à long terme «sans résoudre la question territoriale».
Cependant, les pourparlers ont perdu de leur élan, l’attention de la Maison-Blanche étant concentrée sur son conflit avec l’Iran.
Lors d’une conférence de presse mercredi, M. Poutine a qualifié les négociations de «gelées».
Si Steve Witkoff et Jared Kushner se rendaient bel et bien à Kyiv, il s’agirait de leur première visite dans la capitale ukrainienne.
