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Des femmes non voilées à la télévision iranienne, des opposants parlent d’hypocrisie

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Demonstrators hold a poster of the Iranian Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei and an Iranian flag during an annual rally in front of the former U.S. Embassy in Tehran, celebrating the anniversary of the 1979 takeover of the embassy, Iran, Tuesday,... Des manifestants brandissent une affiche représentant le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et un drapeau iranien lors d'un rassemblement annuel devant l'ancienne ambassade américaine à Téhéran, célébrant l'anniversaire de la prise de l'ambassade en 1979, en Iran, le mardi 4 novembre 2025. AP Photo (Vahid Salemi)

La diffusion, pour la première fois par la télévision d’État iranienne, d’interviews de femmes non voilées lors des célébrations mercredi de l’anniversaire de la Révolution islamique a suscité des critiques d’opposants qui ont parlé d’hypocrisie, après la répression des récentes manifestations.

Le voile est devenu obligatoire pour les femmes en Iran peu après la proclamation de la Révolution islamique en 1979. Depuis quelques mois cependant, de plus en plus de femmes s’affranchissent de la règle, sortant dans la rue les cheveux découverts - surtout à Téhéran.

Et mercredi, lors des célébrations en grande pompe du 47e anniversaire de la Révolution islamique dans les rues, plusieurs participantes sont apparues à la télévision d’État non voilées.

«Vu les évènements dans notre pays, je voulais dire que la résistance est vivante», dit notamment à la télévision l’une d’elles, les cheveux attachés en chignon, disant participer à la manifestation pour la première fois.

C’est une façon de «réduire la pression», vis-à-vis de la communauté internationale, après la répression sanglante du mouvement de contestation du pouvoir le mois dernier, analyse Jason Brodsky de l’ONG américaine United Against a Nuclear Iran.

«Ils pensent pouvoir acheter le calme en diffusant ces images», affirme-t-il.

«Ce régime ne vit que pour les apparences, le spectacle, la façade, afin de dissimuler son visage hideux», a critiqué Golineh Atai, une journaliste et autrice allemande d’origine iranienne.

Une autre vidéo largement diffusée a aussi fait l’objet de nombreuses critiques. On y voit l’influenceuse britannique Bushra Shaikh se filmer au milieu de la foule mercredi, sans voile.

«Ce qui est génial c’est que j’ai marché tout le long du rassemblement, sans voile, en Iran», dit-elle dans sa vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. «C’est ça les vraies informations quand elles vous parviennent en direct du pays».

Masih Alinejad, une opposante iranienne basée aux États-Unis, lui a répondu sur X: «Il faut être idiote pour regarder un rassemblement mis en scène, dans un régime brutal, et y voir de la légitimité».