International

Des femmes au pouvoir dans les traces de leur père

Publié le 

Keiko Fujimori Keiko Fujimori salue ses partisans à son arrivée à un rassemblement à Huacho, au Pérou, le 2 juin. Guadalupe Pardo/AP via CNN Newsource

Avant Keiko Fujimori, désignée lundi nouvelle présidente du Pérou, plusieurs femmes dans le monde ont marché sur les traces de leur père jusqu’aux plus hautes fonctions politiques dans leur pays.

Voici quelques cas emblématiques:

Indira Gandhi en Inde

Indira Gandhi, surnommée «la Dame de fer» de l’Inde pour son penchant autoritaire, a cumulé plus de 15 années comme première ministre du pays entre 1966 et 1984, année où elle a été assassinée par ses gardes du corps sikhs.

Son père Jawaharlal Nehru, dit Pandit Nehru, avait été le premier chef de gouvernement de l’Inde indépendante (1947-1964).

Benazir Bhutto au Pakistan

Benazir Bhutto, première femme de l’ère contemporaine à diriger un pays musulman, a été deux fois première ministre du Pakistan (1988-1990 et 1993-1996), à chaque fois démise de ses fonctions sur des accusations de «corruption» et «mauvaise gouvernance». Elle a été assassinée en 2007 alors qu’elle menait campagne pour un troisième mandat.

Son père Zulfikar Ali Bhutto avait dirigé le pays à partir de 1971, d’abord comme président puis comme premier ministre, jusqu’à un putsch en 1977. Il a été pendu deux ans plus tard.

Sheikh Hasina au Bangladesh

L’ex-première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a cumulé plus de 20 ans au pouvoir à partir de 1996, avant de fuir en Inde en 2024 face à des émeutes antigouvernementales sévèrement réprimées. Elle a été condamnée à mort par contumace l’année suivante.

Elle est la fille de Sheikh Mujibur Rahman, premier dirigeant du Bangladesh indépendant en 1971, qui fut tué en 1975 lors d’un coup d’État militaire.

Megawati Sukarnoputri en Indonésie

Megawati Sukarnoputri, fille du père de l’indépendance et premier président du pays, Sukarno, a été la première et unique femme à avoir présidé l’Indonésie (2001-2004).

Après avoir terni la fin de son mandat en refusant de reconnaître sa défaite électorale face à Susilo Bambang Yudhoyono, elle a de nouveau tenté sans succès de le battre cinq ans plus tard.

Gloria Arroyo aux Philippines

Gloria Arroyo, fille de l’ancien président des Philippines Diosdado Macapagal (1962-1965), a présidé le pays pendant neuf années (2001-2010).

La justice philippine a levé en 2018 la dernière d’une longue série d’accusations à son encontre (corruption, fraude électorale).

Park Geun-Hye en Corée du Sud

Park Geun-Hye, première femme élue présidente en Corée du Sud, fin 2012, a été destituée en 2017 dans le cadre d’un scandale de corruption et emprisonnée, avant d’être graciée en décembre 2021.

Son père est l’ancien dictateur Park Chung-Hee, parvenu au pouvoir par un coup d’État militaire en 1961 avant d’être élu président, puis abattu en 1979 par le chef de ses services de renseignements.

Aung San Suu Kyi en Birmanie

Prix Nobel de la paix en 1991 pour sa résistance face à la junte militaire, Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San, héros de l’indépendance birmane assassiné en 1947, est devenue en 2016 la dirigeante de facto de la Birmanie après des législatives remportées par son parti. Elle a été emprisonnée, puis assignée à résidence, après un coup d’État militaire en 2021.

Lorsqu’elle dirigeait le gouvernement, elle avait été vivement critiquée pour son inaction face aux exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes contre la minorité musulmane rohingya.

Paetongtarn Shinawatra en Thaïlande

Plus jeune Première ministre de l’histoire de la Thaïlande, à quelques jours de ses 38 ans en 2024, Paetongtarn Shinawatra a été destituée un an plus tard pour sa gestion des tensions avec le Cambodge voisin.

Son père Thaksin, premier ministre de 2001 à 2006, avait été renversé par un coup d’État militaire.