Des experts de l’ONU ont estimé mardi que les tentatives de déstabilisation américaines visant Cuba, dans le cadre d’une stratégie de «coercition», s’apparentent à des «pratiques coloniales».
«Les tentatives visant à modifier l’ordre constitutionnel d’un État souverain par la menace et la coercition rappellent les pratiques de l’époque coloniale», ont déclaré ces experts dans un communiqué publié à Genève.
Selon ces spécialistes, mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU mais qui ne s’expriment pas au nom de l’organisation, «les déclarations du président des États-Unis concernant “l’honneur de prendre Cuba” reflètent une stratégie profondément préoccupante de coercition à l’encontre d’un État souverain».
«Cette affirmation n’est pas une simple rhétorique, mais s’inscrit dans une stratégie plus large comprenant l’embargo de longue date contre Cuba, son inscription sur la liste des États soutenant le terrorisme, le récent blocus énergétique ainsi que l’imposition de mesures coercitives à des tiers», ont-ils ajouté.
Le pays, sous embargo américain depuis 1962, traverse une très grave crise économique depuis des années, aggravée depuis plusieurs mois par le blocus pétrolier imposé par Washington et d’autres sanctions économiques américaines.
Les États-Unis ont encore accru la pression sur l’île la semaine dernière en inculpant son ancien président Raúl Castro, accusé du meurtre d’Américains dans une affaire remontant à 1996.
Cette inculpation semble aux yeux des experts «s’inscrire dans ces efforts visant à porter atteinte à la souveraineté de Cuba», au même titre que le déploiement récent du porte-avions Nimitz dans la mer des Caraïbes.
Ces actions, qui surviennent «à la suite de l’enlèvement du président vénézuélien Maduro en janvier 2026» et la proclamation par le président Trump, en mars 2026, «de la prétendue “doctrine Donroe”, affirmant la prédominance des États-Unis sur l’hémisphère occidental», suscitent une «vive inquiétude», assurent-ils.
Les experts appellent Washington «à mettre immédiatement fin à toute menace contre la souveraineté de Cuba».
Ils appellent aussi les États membres de l’ONU à prendre des «mesures appropriées» dans le cadre des Nations Unies pour préserver l’ordre juridique international.
Le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU sont eux appelés à «examiner d’urgence les menaces visant Cuba, en tant que question affectant la paix et la sécurité internationales».
