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Des experts constatent une augmentation «préoccupante» du nombre d’armes nucléaires

Au total, neuf États sont dotés de l’arme atomique.

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Cette photo non datée, fournie le 13 septembre 2024 par le gouvernement nord-coréen, montre son dirigeant Kim Jong Un, au centre, lors d'une visite d'inspection dans ce qu'ils présentent comme un institut dédié aux armes nucléaires et une installation de matières nucléaires, situés dans un lieu tenu secret en Corée du Nord. Le contenu de cette image est tel qu'il a été fourni et ne peut être vérifié de manière indépendante. Cette photo non datée, fournie le 13 septembre 2024 par le gouvernement nord-coréen, montre son dirigeant Kim Jong Un, au centre, lors d'une visite d'inspection dans ce qu'ils présentent comme un institut dédié aux armes nucléaires et une installation de matières nucléaires, situés dans un lieu tenu secret en Corée du Nord. Le contenu de cette image est tel qu'il a été fourni et ne peut être vérifié de manière indépendante.

Le nombre d’armes nucléaires déployées et prêtes à l’emploi a significativement augmenté l’an dernier, indique un rapport publié jeudi, qui qualifie cette situation de «développement préoccupant» dans un contexte d’intensification des conflits armés.

Au total, neuf États sont dotés de l’arme atomique: la Russie, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

Ils possédaient 12 187 ogives nucléaires au début de cette année, selon ce rapport, le Nuclear Weapons Ban Monitor, publié par l’ONG Norwegian People’s Aid (NPA) en collaboration avec la Fédération des scientifiques américains (FAS).

Ce chiffre global représente une maigre réduction de 144 par rapport à début 2025, mais dans le même temps, le nombre d’armes nucléaires disponibles a augmenté de façon constante ces dernières années, atteignant environ 9.745 l’an dernier, selon le rapport.

Cela signifie qu’avec ces armes, le monde dispose de l’équivalent de 135 000 ogives de la puissance de celle utilisée à Hiroshima, au Japon, par les États-Unis en 1945. Cette seule bombe avait tué quelque 140 000 personnes, rappelle le rapport.

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Et 40% de ces ogives disponibles, soit 4 012 d’entre elles, ont été déployées sur des missiles balistiques en silo, sur des lanceurs mobiles, dans des sous-marins ou sur des bases de bombardiers l’année dernière, indique le rapport, ce qui représente une augmentation de 108 par rapport à 2024.

«L’augmentation annuelle continue du nombre d’ogives déployées est une évolution préoccupante, qui accroît les risques d’escalade rapide, d’erreurs d’appréciation et d’utilisation accidentelle», estime Hans Kristensen, un des principaux contributeurs du rapport, directeur du Nuclear Information Project à la FAS.

«Cela rend le monde plus dangereux pour nous tous», souligne-t-il, cité dans un communiqué de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), dont font partie la NPA et la FAS.

D’après le rapport, cette évolution est d’autant plus inquiétante dans un contexte d’escalade des conflits en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, qui impliquent parfois des États dotés de l’arme nucléaire.

Le document évoque également «l’érosion du régime de désarmement, de non-prolifération et de contrôle des armements en vigueur depuis longtemps», notamment avec l’expiration le mois dernier du traité New Start, dernier accord conclu entre la Russie et les États-Unis, les deux principales puissances nucléaires.

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Les experts détaillent aussi les points de tiraillement au sein de la communauté internationale sur la question, avec un nombre croissant de pays adhérant aux efforts visant à une interdiction totale des armes nucléaires. Fin 2025, 99 pays avaient adhéré au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) de 2017, soit en tant que parties, soit en tant que simples signataires.

Parallèlement, les États dotés de l’arme nucléaire — dont aucun n’a adhéré au traité — investissent massivement dans la modernisation et l’expansion de leurs arsenaux. Et 33 États dits «sous parapluie» de pays alliés dotés d’ogives «soutiennent activement et renforcent ces politiques», pointe le communiqué.

«Les États qui prétendent que les armes nucléaires assurent leur sécurité, notamment en Europe, doivent comprendre qu’il n’existe aucun abri sous un parapluie nucléaire», prévient Melissa Parke, directrice de l’ICAN, coalition d’ONG basée à Genève (Suisse) et lauréate du prix Nobel de la paix en 2017, citée dans le communiqué.