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Des étudiants de Cornell réclament la démission du président de l'université

«Tout au long de son mandat, il a refusé d’assumer la responsabilité de quoi que ce soit.»

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Des manifestants marchent pour protester contre la gestion par l'Université Cornell d'allégations de viol collectif survenu en 2024 dans une fraternité sur le campus, le 5 octobre 2026, à Ithaca. Photo AP/Adrian Kraus Des manifestants marchent pour protester contre la gestion par l'Université Cornell d'allégations de viol collectif survenu en 2024 dans une fraternité sur le campus, le 5 octobre 2026, à Ithaca. Photo AP (Adrian Kraus)

Certains étudiants, indignés par la manière dont l’université Cornell gère une affaire de viol collectif qui aurait eu lieu dans une maison de fraternité, dirigent leur colère contre le président de l’établissement, un professeur de physiologie moléculaire de longue date qui a dû faire face à plusieurs crises depuis qu’il est en poste.

Michael Kotlikoff était le vice-recteur ayant exercé le plus longtemps à Cornell avant d’assumer la présidence à titre intérimaire en juillet 2024, puis de manière définitive l’année dernière.

Mais sa gestion d’une enquête interne sur un viol collectif présumé survenu à la résidence de la fraternité Chi Phi en octobre 2024, quelques mois seulement après son entrée en fonction menace maintenant son autorité.

Le conseil académique de Cornell a indiqué qu’il prévoyait de tenir un vote de censure à l’encontre des dirigeants de l’université. Et lors d’une manifestation lundi, les étudiants ont scandé des slogans et brandi des pancartes appelant M. Kotlikoff à démissionner ou à être renvoyé, et réclamant l’interdiction des fraternités.

«Tout au long de son mandat, il a refusé d’assumer la responsabilité de quoi que ce soit de ce qui s’est passé, a déclaré l’une des manifestantes, Sophia Kong, étudiante en deuxième année. Il ne nous représente pas.»

Une affaire qui a ébranlé le campus

M. Kotlikoff, âgé de 75 ans, baigne dans la critique publique depuis qu’une femme, identifiée dans les documents judiciaires uniquement sous le nom de Jane Doe, a intenté un procès le mois dernier, affirmant avoir été agressée sexuellement par plusieurs membres de la fraternité Chi Phi il y a deux ans, après avoir été contrainte de boire de l’alcool et de consommer des drogues.

La jeune femme a signalé l’agression présumée à la police de Cornell en novembre 2024, trois semaines après les faits, selon ses dires. La police du campus a mené une enquête et transmis un résumé de ses conclusions au bureau du procureur, qui s’est appuyé sur ces informations pour décider de ne pas engager de poursuites pénales.

L’Université de Cornell a indépendamment mené une enquête au titre du Title IX.

Face à l’indignation croissante suscitée par la gestion de l’affaire par l’université, M. Kotlikoff a qualifié ces allégations de «profondément troublantes» cette fin de semaine.

Dans une vidéo dans laquelle il présente ses excuses, il a également réaffirmé son engagement à soutenir une enquête indépendante demandée par la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, qui a critiqué le service de police du campus pour ne pas avoir transmis intégralement le récit de la plaignante aux procureurs.

Aucune poursuite pénale n’a été engagée. Le chapitre de Chi Phi a été dissous, et l’université a indiqué avoir expulsé certains étudiants et en avoir suspendu d’autres. Les hommes accusés ont tous soit nié avoir participé aux faits, soit affirmé que les rapports sexuels avaient eu lieu de manière consensuelle.

Le rôle de M. Kotlikoff

Selon certains experts, M. Kotlikoff disposait de peu d’options. En l’absence de poursuites pénales, seule l’enquête menée par Cornell au titre du Title IX s’est poursuivie.

Si cette loi fédérale est surtout connue pour avoir changé la donne pour les sportives universitaires, elle est également censée protéger les plaignantes victimes d’agressions sexuelles et de harcèlement. Mais elle prévoit de nombreuses protections pour les accusés, notamment le droit de contre-interroger leur plaignante.

La plupart des victimes ne donnent pas suite à leur plainte, et lorsqu’elles le font, il est fréquent que la plaignante et les accusés intentent des poursuites judiciaires concernant l’issue de la procédure.

Mais certains pointent au rôle joué par des dirigeants universitaires dans la culture du campus. Les critiques notent que les fraternités de Cornell ont un passé marqué par des problèmes, notamment le bizutage et les inconduites sexuelles, et affirment que davantage aurait dû être fait pour instaurer un meilleur climat et sensibiliser les étudiants à la notion de consentement.

Un groupe de travail sur les agressions sexuelles, mis en place par la suite, a formulé des recommandations, telles qu’une meilleure sensibilisation au Title IX et à ce qu’il a qualifié de «citoyenneté sexuelle». Le rapport indique qu’une enquête menée en 2025 a révélé que 35 % des étudiantes de premier cycle et 8 % des étudiants de premier cycle déclaraient avoir subi une agression sexuelle pendant leurs études à Cornell.

«Si vous êtes à la tête de ce campus et que cela fait partie de vos responsabilités concernant ce qui se passe sur votre campus, on ne peut pas se contenter de dire: “Oh, eh bien, cela ne concerne que les membres de cette fraternité et les femmes avec lesquelles ils tentent de coucher”», a dit Jane Stapleton, cofondatrice du Prevention Innovations Research Center de l’Université du New Hampshire. «Cela a un impact sur l’ensemble du tissu culturel: “Comment les hommes respectent-ils les femmes ? Dans quelle mesure est-il sécuritaire d’être une femme ?”»

M. Kotlikoff a appelé à un «examen approfondi» de la vie des fraternités, mais la suppression de ces dernières sur le campus n’est pas envisagée.

Au contraire, M. Kotlikoff a déclaré que Cornell ferait appel aux étudiants, aux anciens élèves et à d’autres parties prenantes pour examiner comment préserver les avantages de la vie des fraternités tout en renforçant la responsabilité et la transparence.