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Des élections en Arménie qui pourraient redéfinir ses relations avec l'Occident

De nombreux analystes pensent que le parti Contrat civil de M. Pashinyan conservera le contrôle du parlement.

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Le premier ministre arménien Nikol Pashinyan tient un enfant dans ses bras alors qu'il se promène sur l'avenue du Nord à Erevan, en Arménie, le lundi 1er juin 2026, lors des célébrations publiques organisées à l'occasion de la Journée internationale ... Le premier ministre arménien Nikol Pashinyan tient un enfant dans ses bras alors qu'il se promène sur l'avenue du Nord à Erevan, en Arménie, le lundi 1er juin 2026, lors des célébrations publiques organisées à l'occasion de la Journée internationale de l'enfance. Photo AP (Anthony Pizzoferrato)

Les élections législatives qui se tiendront dimanche en Arménie seront un référendum sur l’avenir géopolitique du pays alors que le premier ministre sortant, Nikol Pashinyan, cherche à resserrer les liens avec l’Union européenne et les États-Unis, malgré les relations de longue date avec la Russie que ses détracteurs ont toujours défendues.

De nombreux analystes pensent que le parti Contrat civil de M. Pashinyan conservera le contrôle du parlement, mais, comme de nombreux partis d’opposition mènent une campagne sur des programmes pro-russes, la place de ce pays du Caucase sur la scène internationale est désormais sous les feux de l’actualité.

Au cours des mois qui ont précédé les élections, le président russe Vladimir Poutine et d’autres responsables russes ont averti l’Arménie que son adhésion à l’UE pourrait entraîner des dommages économiques considérables en perturbant les relations commerciales de l’Arménie avec Moscou et ses alliés.

«Ce sont les premières élections de l’histoire de l’Arménie où l’orientation géopolitique est devenue un enjeu décisif», a expliqué à l’Associated Press depuis Erevan Mikayel Zolyan, analyste et ancien membre du Parlement arménien.

«Jusqu’à présent, l’Arménie est restée dans la sphère d’influence de la Russie, et cela allait de soi, mais aujourd’hui, pour la première fois, cela est remis en question», a-t-il ajouté.

Les relations entre Moscou et l’Arménie se sont détériorées en 2023 après la prise de contrôle de la région du Karabakh par l’Azerbaïdjan.

Cette zone montagneuse était contrôlée depuis des décennies par des forces d’origine arménienne soutenues par l’Arménie, dans le cadre d’un long conflit entre les deux pays voisins.

Les autorités arméniennes ont accusé les forces de maintien de la paix russes déployées dans la région de ne pas avoir réussi à stopper l’offensive de l’Azerbaïdjan.

Moscou, accaparée par le conflit en Ukraine, a rejeté ces accusations, arguant que ses troupes n’avaient pas un mandat pour intervenir.

«Il s’est avéré que l’image de la Russie en tant que garante de la sécurité arménienne ne reposait pas sur la réalité, et tout s’est effondré après la guerre du Karabakh», a mentionné Alexander Iskandaryan, directeur de l’Institut du Caucase à Erevan.

M. Pashinyan a commencé à affaiblir prudemment ses liens avec Moscou, en adhérant à la Cour pénale internationale en 2023 et en suspendant sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective, dominée par Moscou, en 2024.

L’Arménie a également officiellement déclaré son aspiration à rejoindre l’UE et a accueilli le sommet de la Communauté politique européenne à Erevan début mai.

Une victoire convaincante aux élections législatives donnerait à M. Pashinyan le mandat de poursuivre cette tendance et de conclure un accord avec l’Azerbaïdjan.

Les pays occidentaux ont cherché à mettre en avant certains des avantages que des liens plus étroits pourraient apporter.

En août, le président américain Donald Trump a accueilli M. Pashinyan et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev pour signer un accord mettant fin à des décennies d’hostilités et prévoyant la création d’un nouveau corridor de transit entre l’Azerbaïdjan et son exclave du Nakhitchevan.

Un accord conclu en février pourrait ouvrir la voie à la construction d’un nouveau réacteur nucléaire en Arménie par une entreprise américaine.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également déclaré que l’Europe était prête à investir dans le secteur énergétique arménien et dans son «secteur numérique en plein essor».

M. Trump a apporté son soutien à M. Pashinyan, le qualifiant de «grand ami» et de dirigeant qui rend son pays «fort, riche et très sûr !»

Les partis d’opposition soutiennent les liens avec Moscou

Une grande partie de l’opposition arménienne reste dominée par des groupes pro-russes et nombre d’entre eux s’opposent également à la normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan.

Des figures clés de l’opposition ont appelé M. Pashinyan à démissionner en raison de la perte du Karabakh.

Dix-neuf forces politiques, dont deux blocs et dix-sept partis, participent aux élections.

Le principal rival de M. Pashinyan est le Parti de l’Arménie forte, qui souhaite des liens commerciaux plus étroits avec la Russie et accuse M. Pashinyan de tenter de déclencher une guerre avec Moscou.

Le parti est dirigé par le milliardaire arméno-russe Samvel Karapetyan, qui est actuellement jugé pour avoir appelé au renversement du gouvernement arménien. Il nie les accusations.

Les enquêteurs arméniens ont déclaré samedi avoir lancé six mandats d’arrêt à l’encontre de membres du parti d’opposition Arménie forte, les accusant d’avoir acheté des votes.

Cette annonce est intervenue quelques heures seulement après que la Commission électorale centrale d’Arménie a confirmé que le parti Arménie forte pouvait se présenter aux élections, après qu’un membre d’un autre parti d’opposition, République, eut demandé son exclusion, invoquant des allégations de corruption.

Parmi les autres candidats potentiels figure l’ancien président Robert Kocharyan, qui dirige le bloc Hayastan et a accusé M. Pashinyan de «décréditer gravement» les relations avec la Russie.