International

Des drones ukrainiens ont frappé un terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg

Le gouverneur Alexandre Beglov a mentionné que le quartier de Kirovsky, situé au bord de la mer Baltique, avait été touché.

Publié le 

Sur cette photo fournie par le service de presse de la 93e brigade mécanisée indépendante «Kholodnyi Yar» ukrainienne, des soldats du bataillon «Alcatraz» patrouillent dans la ville de Druzhkovka, située en première ligne dans la région de Donetsk, e... Sur cette photo fournie par le service de presse de la 93e brigade mécanisée indépendante «Kholodnyi Yar» ukrainienne, des soldats du bataillon «Alcatraz» patrouillent dans la ville de Druzhkovka, située en première ligne dans la région de Donetsk, en Ukraine, le jeudi 2 juillet 2026. (Iryna Rybakova/93e brigade mécanisée ukrainienne via AP)

Une attaque de drone ukrainien a frappé samedi un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg, selon des responsables russes, alors que Kyiv poursuit ses bombardements contre les infrastructures pétrolières russes.

Ces attaques à longue portée, quasi quotidiennes, contre les installations pétrolières russes ont provoqué une crise du carburant et accru la pression politique sur le Kremlin, alors que son invasion à grande échelle de l’Ukraine entre dans sa cinquième année.

Le gouverneur Alexandre Beglov a mentionné que le quartier de Kirovsky, situé au bord de la mer Baltique, avait été touché.

Il a également indiqué que les défenses aériennes avaient abattu 72 drones ukrainiens au-dessus de la deuxième plus grande ville de Russie et de la région environnante.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié cette attaque de «sanction à longue portée» de l’Ukraine contre la Russie.

Il a précisé que les forces ukrainiennes avaient également frappé une cible militaire sur l’île de Kronstadt, au large de Saint-Pétersbourg.

«Les forces de défense ukrainiennes ont frappé les infrastructures portuaires pétrolières, qui financent la guerre russe, et des frappes ont également visé Kronstadt — une cible militaire importante», a-t-il souligné dans un message publié sur Telegram.

Le quartier de Kirovsky à Saint-Pétersbourg avait déjà été touché en juin, à la veille du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, événement phare de la Russie.

La péninsule de Crimée, annexée par la Russie en 2014, a particulièrement souffert de frappes intenses, ce qui a contraint les autorités locales à suspendre la vente d’essence aux civils.

Une attaque ukrainienne samedi a fait un mort et deux blessés, dont un enfant de dix ans, a fait savoir le gouverneur Sergei Aksyonov, nommé par Moscou.

La guerre entre sur le sol russe

Le président russe, Vladimir Poutine, a minimisé les frappes ukrainiennes contre les installations énergétiques russes, les qualifiant de «non critiques», et a insisté sur le fait que la guerre se poursuivrait jusqu’à ce que ses objectifs soient atteints.

Il a qualifié les attaques contre le secteur énergétique russe de tentative de l’Ukraine de détourner l’attention de ses pertes sur le champ de bataille, bien que les analystes estiment que l’avancée des forces russes ait été freinée ces derniers mois.

M. Poutine s’est rendu vendredi au quartier général militaire russe qui dirige la guerre en Ukraine et a reçu un rapport sur la prise de la ville de Kostyantynivka, après des semaines d’intenses combats.

Il a salué cette prise comme une étape cruciale vers la conquête des villes voisines de Sloviansk et Kramatorsk, derniers bastions clés de la «ceinture forestière» – ensemble de villes fortement fortifiées de la région de Donetsk qui restent aux mains de l’Ukraine.

La prise de Kostyantynivka, un important pôle industriel et de transport, revêt une «importance stratégique majeure», a avancé M. Poutine, vêtu d’un treillis militaire, lors d’une intervention télévisée.

Lors d’un point de presse samedi, le général de corps d’armée Sergueï Rudskoï, premier chef d’état-major adjoint des forces armées russes, a indiqué que les troupes ukrainiennes avaient été repoussées de plusieurs kilomètres et que des combats faisaient rage à la périphérie de la ville voisine d’Oleksiievo-Druzhkivka.

«La ville est désormais sous notre contrôle total. Les unités du groupe d’armées du Sud achèvent le nettoyage des quartiers, en éliminant les petits groupes et les combattants ukrainiens isolés qui pourraient encore se cacher dans les sous-sols et les ruines», a-t-il ajouté.

M. Zelensky a nié que la Russie ait pris le contrôle de la ville.

«Ce n’est qu’un mensonge russe de plus, une tentative de créer un sujet d’actualité, a-t-il écrit samedi sur les réseaux sociaux. Si Kostiantynivka était sous contrôle russe, M. Poutine n’aurait peut-être aucun problème à me rencontrer là-bas pour trouver une issue diplomatique permettant de mettre enfin un terme à cette guerre. Mais le fait est qu’il ne franchira pas la ligne de front — la réalité est très différente des paroles de M. Poutine.»

Le message de M. Zelensky semblait également s’adresser au président américain Donald Trump.

«Aujourd’hui, à la veille du Jour de l’Indépendance des États-Unis, M. Poutine a choisi de mentir au monde entier et au président des États-Unis au sujet de la situation sur le front», a-t-il affirmé.

Vladimir Poutine semble croire que son gouvernement peut empêcher la crise du carburant d’éroder son autorité et le soutien à la guerre qu’il a lancée il y a plus de quatre ans.

À tout le moins, ces attaques ont rendu la guerre encore plus palpable pour des millions de Russes, brisant ainsi le discours de M. Poutine selon lequel le conflit n’affecte pas la vie des citoyens ordinaires de son pays.

La ville frontalière de Belgorod, qui a également été prise pour cible à plusieurs reprises par des frappes de drones ukrainiens, s’est retrouvée samedi presque entièrement privée d’électricité en raison d’attaques nocturnes, ont rapporté les médias locaux.

Par ailleurs, huit personnes ont été blessées, dont deux enfants, après qu’une attaque russe a frappé des immeubles d’habitation dans la région de Zaporijia, au sud-est de l’Ukraine, ont indiqué samedi les autorités locales.