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Des dizaines de milliers de Turcs manifestent en soutien au chef de l'opposition

Ozgur Ozel a été démis de ses fonctions à la tête du Parti républicain du peuple (CHP) par la justice le 21 mai.

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Ozgur Ozel, ancien chef du Parti républicain du peuple, principal parti d'opposition en Turquie, dans un rassemblement à Izmir, le 26 mai 2026. (AP/Erdem Sahin) Ozgur Ozel, ancien chef du Parti républicain du peuple, principal parti d'opposition en Turquie, dans un rassemblement à Izmir, le 26 mai 2026. AP (Erdem Sahin)

Des dizaines de milliers de partisans du chef déchu du principal parti d’opposition turc ont manifesté samedi à Ankara.

Ozgur Ozel a été démis de ses fonctions à la tête du Parti républicain du peuple (CHP) par la justice le 21 mai. Beaucoup de Turcs considèrent cette décision comme une manœuvre à motivation politique visant à neutraliser l’opposition.

La foule s’était auparavant rassemblée au parc Guven, au cœur de la capitale turque, pour écouter M. Ozel prononcer un discours condamnant sa destitution. Elle l’a ensuite rejoint pour une marche improvisée vers le mausolée du fondateur de la Turquie, Mustafa Kemal Atatürk.

«Ils tentent de remplacer le président élu du CHP et de nommer un administrateur, a déclaré M. Ozel à ses partisans. Aujourd’hui est le jour où nous reprenons notre marche vers le pouvoir. Ce n’est pas une affaire interne au CHP, c’est une affaire entre (le président) Recep Tayyip Erdogan et le pays», a-t-il affirmé.

La décision de la cour d’appel a annulé le vote du congrès du parti de 2023 qui avait désigné M. Ozel à la tête du CHP. La décision de justice l’a remplacé par son prédécesseur, Kemal Kilicdaroglu, suscitant l’indignation parmi les partisans du parti.

M. Ozel, 51 ans, a succédé à M. Kilicdaroglu, 77 ans, après 13 ans d’opposition largement inefficace à M. Erdogan.

M. Ozel a présenté cette affaire judiciaire, qui portait sur des irrégularités présumées lors du vote du congrès, comme la dernière attaque juridique en date contre le CHP. Des affaires pénales à travers le pays, alléguant pour la plupart des faits de corruption dans des municipalités dirigées par le CHP, ont conduit à la détention de centaines d’élus et de membres du parti.

Le gouvernement insiste sur le fait que les tribunaux turcs sont impartiaux et agissent indépendamment de toute pression politique.

Alors que la foule se rassemblait au parc Guven, M. Kilicdaroglu organisait un rassemblement rival au siège du CHP à Ankara, où la police a fait irruption dimanche dernier pour expulser M. Ozel et ses partisans.

S’adressant à une foule bien moins nombreuse, M. Kilicdaroglu a condamné l’ancienne direction du parti pour avoir laissé se développer une corruption généralisée.

Le CHP est à égalité avec le Parti de la justice et du développement (AKP), actuellement au pouvoir, dans les derniers sondages d’opinion. Même si les prochaines élections ne sont prévues qu’en 2028, beaucoup s’attendent à ce que M. Erdogan fasse pression pour des élections anticipées.

M. Ozel a porté un coup dur à l’AKP aux élections municipales de 2024, renforçant l’emprise de l’opposition sur des villes clés qu’elle avait remportées cinq ans plus tôt, notamment Istanbul et Ankara.

Le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, est perçu comme l’adversaire le plus probable de M. Erdogan, qui dirige la Turquie depuis 2003, en vue du prochain scrutin présidentiel. Il est cependant emprisonné depuis mars 2025, car il fait l’objet de plusieurs poursuites pénales qui pourraient lui valoir des dizaines d’années de prison.