Un adolescent palestinien a été tué vendredi par des colons israéliens à la suite d’un incident au cours duquel des pierres ont été lancées en Cisjordanie occupée.
Une organisation israélienne de défense des droits de la personne alerte sur le fait que la violence des colons s’est étendue des zones rurales aux zones urbaines de Cisjordanie.
Un Palestinien de 17 ans a été tué et un autre homme blessé par des tirs de colons israéliens après des jets de pierres vendredi à Sa’ir, au nord d’Hébron, en Cisjordanie occupée, a indiqué le ministère palestinien de la Santé.
Le ministère a identifié l’adolescent comme étant Karim Sanad Raja Shalaldeh. Le père de l’adolescent a déclaré à l’Associated Press à l’hôpital que des colons israéliens avaient tué son fils.
L’armée israélienne a indiqué que des soldats avaient été dépêchés à Sa’ir après que des Palestiniens eurent lancé des pierres sur des civils israéliens qui se trouvaient dans la zone sans autorisation. Plusieurs Israéliens ont été blessés et un agent de sécurité a ouvert le feu.
Par ailleurs, l’Autorité générale palestinienne des affaires civiles a informé le ministère de la Santé que Fathi Khazem, âgé de 58 ans, avait été victime d’une fusillade menée par les forces israéliennes tôt vendredi matin à Jénine.
Un responsable de l’armée israélienne s’exprimant sous couvert d’anonymat, conformément aux règles militaires, a déclaré que M. Khazem avait tenté de poignarder un soldat israélien au cours d’une opération menée pendant la nuit. Aucun soldat israélien n’a été blessé.
Le responsable israélien a précisé que M. Khazem était le père de Raed Khazem, qui avait mené une attaque faisant trois victimes à Tel-Aviv en avril 2022.
La violence s’est intensifiée en Cisjordanie, où au moins 87 Palestiniens ont été tués cette année lors de près de 1500 attaques perpétrées par des colons et des soldats israéliens, selon les autorités palestiniennes. Trois Israéliens ont été tués par des Palestiniens en 2026.
Une organisation israélienne qui recueille des informations sur d’éventuelles violations des droits de la personne à l’encontre des Palestiniens affirme que les incidents signalés de violences commises par des colons israéliens se sont déplacés des zones rurales de Cisjordanie vers des villes et villages palestiniens plus grands et plus peuplés.
La création de nouvelles colonies et d’avant-postes dans toute la Cisjordanie a enhardi les colons extrémistes, qui empiètent désormais sur des communautés plus importantes qui étaient auparavant loin des premières lignes de la violence des colons, a déclaré Yesh Din dans son rapport publié vendredi et intitulé «The Next Frontier».
Selon ce rapport, cette recrudescence de la violence coïncide avec l’approbation par le gouvernement israélien de nouvelles colonies et avec l’extension d’avant-postes qu’il n’autorise pas, mais qu’il laisse souvent en place.
«À mesure que les avant-postes s’enfoncent plus profondément dans le territoire palestinien, la violence, le harcèlement et la terreur les suivent», écrit Yesh Din.
Quelque 3 millions de Palestiniens vivent sous le régime militaire israélien en Cisjordanie, aux côtés d’environ 560 000 colons israéliens.
