Des centaines de pompiers ont lutté dimanche contre des feux de forêt au Portugal, en Grèce et en Espagne, tandis que l’Espagne et l’Italie ont envoyé des renforts au Portugal pour aider à combattre un gigantesque incendie qui fait rage depuis plus de trois jours.
En Grèce, les autorités ont exhorté dimanche les habitants de certains quartiers de Thessalonique, la deuxième plus grande ville du pays, à rester chez eux et à fermer leurs fenêtres et leurs portes en raison de la fumée toxique dégagée par une usine de recyclage en feu, engloutie par un incendie de forêt à la périphérie de la ville.
Un autre incendie de grande ampleur s’est déclaré dimanche après-midi à l’ouest de la capitale grecque, Athènes.
Le service de sécurité incendie a indiqué que 210 pompiers, soutenus par des bénévoles, des équipes spécialisées et 29 appareils, dont des avions et des hélicoptères de largage d’eau, avaient été déployés pour lutter contre l’incendie qui ravageait une forêt de pins dans la région de Mandra. Les autorités se sont empressées de maîtriser l’incendie avant la tombée de la nuit, moment où les appareils ne peuvent plus mener d’opérations de lutte contre les brasiers.
Dans la région de Vouzela, au centre du Portugal, plus de 1200 pompiers, appuyés par près de 400 véhicules et 15 appareils aériens, ont tenté d’éteindre un incendie qui s’est déclaré jeudi, selon l’autorité nationale de protection civile. Dimanche, l’incendie de forêt avait ravagé une superficie de 12 000 hectares (120 kilomètres carrés), selon les informations fournies par l’agence de cartographie par satellite Copernicus de l’Union européenne.
La direction générale de la protection civile et de l’aide humanitaire de l’Union européenne a rapporté que l’Espagne avait envoyé vendredi 120 pompiers et 45 véhicules en renfort au Portugal, tandis que trois avions de lutte contre les incendies provenant d’Italie et d’Espagne avaient également été dépêchés sur place pour apporter leur aide.
Dimanche après-midi, l’incendie semblait s’atténuer quelque peu. Les médias portugais citaient des responsables affirmant qu’il ne présentait plus de fronts actifs majeurs, mais que certains foyers persistaient.
En Espagne, un incendie de forêt qui fait rage depuis vendredi dans la région de Gérone, au nord-est du pays, avait ravagé près de 2200 hectares, a rapporté l’agence de presse EFE. Le chef des opérations du service des pompiers catalans, Eduard Martinez, a affirmé que l’incendie s’étendait sur un périmètre de 40 kilomètres et que les pompiers ne seraient peut-être pas en mesure de le maîtriser dimanche, a précisé l’EFE.
Fumée toxique dans le nord de la Grèce
À l’autre bout de l’Europe, en Grèce, un incendie qui se propageait rapidement s’est déclaré samedi soir dans une usine de recyclage près de la banlieue d’Oraiokastro, à Thessalonique, déclenchant des alertes d’évacuation pour trois banlieues et un établissement accueillant 157 personnes en situation de handicap.
Des vents violents ont attisé les flammes, et environ 160 pompiers ont été déployés pour lutter contre l’incendie toute la nuit, jusqu’à ce que des avions-citernes puissent décoller à l’aube, a indiqué le service des pompiers.
Le maire d’Oraiokastro, Pandelis Tsakiris, a déclaré sur la chaîne publique grecque ERT que plusieurs commerces et habitations avaient été endommagés par l’incendie, mais qu’un bilan plus précis serait établi une fois que les autorités auraient procédé à une évaluation complète.
Un homme de 76 ans a été arrêté, soupçonné d’avoir provoqué l’incendie par négligence en générant des étincelles avec son véhicule, qui ont mis le feu à la végétation près de la route, a indiqué le service des pompiers. Il devait comparaître devant un procureur dimanche.
Cet incendie est survenu quelques jours après qu’un autre feu de forêt, dans une zone voisine, a coûté la vie à un garçon de 12 ans et à son père.
Le porte-parole des pompiers, le brigadier Ioannis Artopoios, s’est exprimé dimanche sur la chaîne de télévision ERT. Il a dit qu’environ 85 % des feux de forêt en Grèce étaient dus à la négligence, notamment à des étincelles générées par l’utilisation de machines agricoles, à des mégots de cigarettes jetés par terre et à l’utilisation de barbecues en plein air. «Cela signifie que la plupart d’entre eux auraient pu être évités», a-t-il précisé.
La Grèce est fréquemment touchée par des feux de forêt, souvent dévastateurs, pendant ses étés chauds et secs. En 2018, un incendie à l’est d’Athènes a fait plus de 100 morts, tandis qu’un gigantesque incendie survenu en 2023, qui a ravagé une réserve naturelle isolée du nord-est de la Grèce, a été le plus grand feu de forêt jamais enregistré dans l’Union européenne.
Le pays s’appuie de plus en plus sur la technologie pour lutter contre la menace des incendies, exacerbée par le changement climatique. Il met actuellement en service une constellation de quatre satellites, lancés en orbite basse en mai, qui surveilleront les feux de forêt.
Jusqu’à présent cet été, la Grèce a été épargnée par les vagues de chaleur qui ont ravagé une grande partie de l’Europe occidentale ces dernières semaines. Toutefois, elle a tout de même connu des dizaines d’incendies à travers le pays, tant sur le continent que dans les îles.
