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Des banques israéliennes menacent de couper un lien vital avec les banques palestiniennes

Ces services sont indispensables pour financer les importations, notamment d’électricité et alimentaires, d’Israël vers le territoire palestinien.

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Archives Archives (Alex Wong/Photographer: Alex Wong/Getty Im)

Des banques israéliennes ont informé leurs homologues palestiniennes de leur intention de mettre fin prochainement à des services essentiels, selon des responsables israéliens et palestiniens, faisant craindre une crise économique en Cisjordanie occupée.

Ces établissements invoquent le risque croissant d’être exposés à des poursuites liées à leurs opérations avec leurs homologues palestiniens, mais pour plusieurs responsables du secteur, c’est surtout l’instabilité croissante de ce dispositif, conçu à l’origine comme temporaire, qui les incite à vouloir s’en retirer.

Ces services sont indispensables pour financer les importations, notamment d’électricité et alimentaires, d’Israël vers le territoire palestinien.

«Compte tenu du niveau global de risque et des inquiétudes croissantes concernant d’éventuelles poursuites civiles (...) les banques israéliennes ont récemment annoncé leur intention de cesser de fournir des services de correspondance bancaire», a indiqué le ministère israélien des Finances mercredi.

Selon des responsables du secteur bancaire palestinien, les banques palestiniennes concernées pourrait perdre cet accès pour certaines dès mi-août et les autres à compter du 1er septembre.

Le ministère précise être en discussions avec les banques israéliennes Bank Hapoalim et Discount Bank, pour une solution permettant de «poursuivre les activités de correspondance bancaire de manière sûre et responsable, tout en préservant les intérêts» israéliens.

«Tout le monde semble chercher des solutions, car les deux parties (...) comprennent l’importance de ces relations», a indiqué un haut responsable du secteur bancaire.

Les banques israéliennes servent d’intermédiaires pour les transactions en shekels, la monnaie israélienne, des banques palestiniennes.

Le gouvernement israélien renouvelle plus ou moins régulièrement des lettres de confort censées les protéger en cas d’éventuelles poursuites liées à ces transactions.

«Les risques ont augmenté au fil des années et cette garantie ne suffit plus, les banques veulent désormais que l’État assume cette responsabilité», a affirmé à l’AFP un responsable du secteur israélien.

Discount Bank a indiqué avoir fait part de ses préoccupations au gouvernement, «au vu de l’augmentation des risques liés à ces services, et compte tenu de notre responsabilité» envers déposants et actionnaires. Bank Hapoalim a juste indiqué que la question était «à l’étude».

Selon plusieurs experts, une rupture de ces relations pourrait accroître les transactions en liquide, avec un risque accru de crise bancaire et de développement de l’économie informelle.

«Si les banques s’effondrent, c’est l’Autorité qui s’effondre», prévient un homme d’affaires palestinien, expliquant qu’elle «est le principal débiteur des banques locales» pour «financer les salaires publics et ses déficits».

L’Autorité palestinienne traverse déjà une grave crise financière, Israël ayant suspendu depuis plus d’un an le transfert des recettes fiscales qu’il collecte pour son compte et qui représentent environ les deux tiers de ses revenus.