Une rare attaque de drones contre la capitale soudanaise a coûté la vie à trois enfants lundi, a indiqué une organisation de défense des droits de la personne.
Cette frappe survient alors que les deux camps engagés dans le conflit intensifient leurs frappes aériennes, qui ont fait des dizaines de victimes civiles dans la région du Kordofan ces derniers jours.
Cette frappe, que l’organisation attribue aux Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire soudanaise, a coûté la vie à des enfants âgés de deux, quatre et six ans à Imtidad Nasser, un quartier situé à l’est de l’aéroport de Khartoum.
Les FSR sont en guerre contre l’armée soudanaise depuis plus de trois ans.
Sayed Mustafa, un habitant du quartier, a raconté à l’Associated Press avoir vu un drone se diriger vers l’aéroport et avoir entendu des tirs antiaériens l’atteindre.
«Peu après, le drone s’est écrasé et nous avons entendu une explosion près de l’aéroport», a-t-il indiqué.
Emergency Lawyers, un groupe qui recense les violences commises contre les civils dans le cadre de la guerre au Soudan, a condamné cette attaque, la qualifiant de tragédie humanitaire et de «grave violation» qui nécessite une enquête et reddition de comptes.
Les FSR n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat.
Selon ce groupe, l’armée soudanaise a frappé la province du Kordofan occidental à l’aide de drones cette fin de semaine: elle aurait bombardé un marché à Al-Muglad samedi, puis a frappé la région d’Al-Dabab dimanche, tuant des dizaines de civils, dont des femmes et des enfants.
Les FSR ont qualifié ces attaques de violations du droit international humanitaire.
La guerre au Soudan a débuté en avril 2023, lorsque les tensions latentes entre l’armée et les FSR ont dégénéré en combats ouverts à Khartoum avant de s’étendre à l’ensemble du pays.
Selon l’observatoire ACLED, ce conflit a fait au moins 59 000 morts, bien que des organisations humanitaires estiment que le bilan réel est probablement plus élevé.
Environ 13 millions de personnes ont été déplacées de leurs foyers, selon les chiffres de l’ONU, créant ce que les organisations humanitaires affirment être la plus grande crise humanitaire au monde.
Dans tout le Soudan, 33,7 millions de personnes, dont 17,3 millions d’enfants, ont besoin d’une aide d’urgence cette année.
Selon l’ONU, environ 825 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère.
Le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme mondial de surveillance de la faim, a averti la semaine dernière que le conflit et la sécheresse aggravaient l’insécurité alimentaire au Darfour et au Kordofan, où deux camps de déplacés ont enregistré des niveaux de malnutrition supérieurs aux seuils de famine.
Vendredi, les États-Unis ont exhorté le Conseil de sécurité de l’ONU à faire pression en faveur d’une trêve humanitaire et à étendre l’embargo sur les armes au Soudan. La Chine et la Russie se sont opposées à l’élargissement de l’embargo.
