Une division de la police américaine de l’immigration (ICE) sera présente aux Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina afin de contribuer à la sécurité de l’événement, a-t-elle confirmé mardi, provoquant de vives réactions en Italie.
«Aux Jeux olympiques, le service de sécurité intérieure (HSI) de l’ICE soutiendra le Service de sécurité diplomatique du département d’État américain, ainsi que le pays hôte, afin d’évaluer et d’atténuer les risques liés aux organisations criminelles transnationales», a déclaré l’ICE mardi dans un communiqué transmis à l’AFP.
«Bien évidemment, l’ICE ne mène pas d’opérations en matière d’immigration à l’étranger», a précisé l’agence, soulignant que «toutes les opérations de sécurité restent placées sous l’autorité de l’Italie».
On ignore à ce stade si le service de sécurité intérieure (HSI) de l’ICE a déjà participé aux Jeux olympiques ou s’il s’agit d’une première.
Des milliers d’agents de l’ICE ont été déployés par le président Donald Trump dans diverses villes américaines dans le cadre d’une campagne contre l’immigration illégale. Deux citoyens américains ont été tués par ses agents à Minneapolis (nord des États-Unis), créant le trouble jusqu’au sein du parti républicain.
Le département de sécurité intérieure de l’ICE, qui sera mobilisé durant les JO de Milan-Cortina, lutte à l’international contre le trafic de drogue et le terrorisme, notamment, peut-on lire sur le site de l’ICE.
Les agents accusés de violences aux États-Unis font partie d’une autre division (Enforcement and removal operations), chargée notamment des expulsions, mais cela n’a pas empêché les polémiques en Italie.
«Ils ne sont pas les bienvenus à Milan, il n’y a aucun doute», a affirmé le maire de Milan Giuseppe Sala sur la radio RTL 102.5.
Maire de centre-gauche d’une des cités hôtes des JO, M. Sala a estimé que la présence de cette «milice qui tue» et «entre chez les gens en s’autodélivrant une autorisation» était un «problème» et qu’ils n’offraient «aucune garantie d’être alignés sur notre manière de gérer démocratiquement la sécurité».
«Je me demande si, un jour, nous pourrons dire non (au président américain Donald) Trump», a-t-il ajouté. «Je ne parle pas de créer un problème diplomatique, mais juste de dire non (…) Je pense qu’ils ne doivent pas venir en Italie car ils ne donnent aucune garantie d’être alignés sur notre manière de gérer démocratiquement la sécurité».
Cowboys
La protection des citoyens américains pendant les Jeux olympiques à l’étranger est traditionnellement assurée par le Service de sécurité diplomatique du Département d’État.
Les autorités italiennes avaient d’abord nié les rumeurs sur la présence d’agents de l’ICE, puis ont tenté d’en minimiser le rôle, suggérant qu’ils n’aideraient qu’à assurer la sécurité de la délégation américaine. Le vice-président américain JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio doivent notamment assister à la cérémonie d’ouverture des JO dans le stade de San Siro, à Milan, le 6 février.
Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Piantedosi a quant à lui souligné lundi que «l’ICE en tant que telle n’opérera jamais en Italie, car la gestion de l’ordre public, de l’immigration et de la sécurité relève de nos forces de police».
«Si jamais, de façon tout à fait hypothétique, devaient arriver des unités isolées appartenant à des organismes de sécurité américains, elles seraient de toute façon déployées de manière fonctionnelle et non opérationnelle», a-t-il déclaré aux médias italiens.
Le président de la Lombardie, région de Milan, a déclaré que leur implication se limiterait à la surveillance de JD Vance et Marco Rubio. «Ce sera uniquement un rôle défensif, mais je suis convaincu qu’il ne se passera rien», a déclaré Attilio Fontana aux journalistes.
Mais son équipe a ensuite publié un communiqué indiquant qu’il n’avait aucune information sur leur présence, et qu’il avait répondu à une question hypothétique.
«Les cowboys de l’ICE ne peuvent pas mettre un pied en Italie pour la simple et bonne raison que, chez nous c’est un État de droit, et que nous voulons le conserver», a déclaré lundi la députée Daniela Ruffino du parti Azione (centre), selon l’agence de presse AGI.