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Débat entourant la présence du maire Mamdani à la cérémonie des 25 ans des attentats du 11 septembre

«Rien que l’idée de le voir là-bas me dérange.»

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New York Mayor Zohran Mamdani delivers a speech to mark the 250th anniversary of the United States at City Hall on Friday July 3, 2026 in New York. (Anna Connors/The New York Times via AP, Pool) Le maire de New York, Zohran Mamdani, prononce un discours à l'occasion du 250e anniversaire des États-Unis à l'hôtel de ville, le vendredi 3 juillet 2026 à New York. The New York Times via AP (Anna Connors)

Le 11 septembre 2026 marquera les 25 ans de l’effondrement des tours du World Trade Center dans un attentat terroriste. Zohran Mamdani n’avait pas encore 10 ans à l’époque. Aujourd’hui, certains voient d’un mauvais œil l’éventuelle venue du maire de New York à la cérémonie de commémoration.

Voici le contexte du débat entourant la présence potentielle de M. Mamdani à Ground Zero en septembre prochain.

Des dizaines de milliers de voix contre

Des familles de victimes des attentats du 11 septembre 2001 sont divisées quant à la présence du jeune maire de New York aux commémorations. Les opposants peuvent notamment compter sur l’appui de dizaines de milliers de personnes: en date de samedi soir, une pétition publique réclamant son absence avait recueilli au moins 80 000 signatures.

Plusieurs des arguments avancés dans cette pétition initiée par Giovanni Galante reposent sur des liens présumés entre M. Mamdani et différentes personnalités dépeintes par ses détracteurs comme hostiles aux institutions américaines, voire extrémistes, ainsi que sur certaines de ses prises de position concernant le conflit israélo-palestinien.

Galante, identifié par les médias américains comme le veuf d’une victime du 11-Septembre, écrit dans la pétition qu’il craint que «la présence de personnes dont les propos ou les fréquentations sont perçus comme allant à l’encontre du caractère solennel de l’événement risque de détourner l’attention de cet objectif et de causer une souffrance supplémentaire».

«Rien que l’idée de le voir là-bas me dérange», est allé jusqu’à dire Robert Hughes, père d’une victime des attentats, dans un entretien avec CNN. Lui et son épouse Elaine ont perdu leur fils Kris, courtier en valeurs immobilières.

«Ce gars, je crois, est simplement du genre provocateur qui — faute d’un meilleur mot — aime ce genre de controverse», a dit M. Hughes. «Je ne suis tout simplement pas favorable à sa présence; donc s’il ne venait pas, je dirais: “Parfait, on y va.” Mais s’il compte venir, j’oserais dire que beaucoup de gens pourraient ne pas s’y rendre.»

Malgré cette méfiance, M. Mamdani avait affirmé, lors d’une conférence de presse en juillet dernier alors que la pétition était déjà publique, qu’il honorerait «fièrement les familles, les survivants et les premiers répondants qui ont pour toujours été affectés par ces terribles attentats terroristes en se tenant à leurs côtés cette année à la commémoration du 9/11».

«Nous n’oublierons jamais cette journée solennelle que nous avons tous vécue, nous qui considérons cette ville comme notre maison; nous qui considérons ce pays comme notre maison.»

—  Déclaration du maire de New York, Zohran Mamdani, en juillet 2026
Ground Zero Kevin Hansen, ingénieur au 9/11 Memorial, utilise un chalumeau pour nettoyer et polir les noms gravés sur les plaques métalliques qui bordent le bassin sud. (Photo archives AP/Mark Lennihan)

«Il faut laisser la politique de côté»

Pour d’autres familles, il est plutôt question d’acceptation.

Liz Miller pense que «25 ans plus tard, il est temps de faire preuve d’une certaine unité». Mme Miller avait 6 ans quand elle a perdu son père Douglas, l’un des pompiers qui ont péri dans les opérations de sauvetage après l’effondrement des tours.

Les attaques du 11 septembre 2001 ont fait 2977 morts. «Nous sommes si nombreux qu’il n’y aura jamais de consensus au sein de la communauté, ce qui, à mon avis, est une chance», a-t-elle insisté auprès de CNN, exprimant sa frustration devant une controverse qui risque, selon elle, d’être assombrie par la politique.

Et peu importe les idéologies de M. Mamdani, des gens comme Chris Coffey croient qu’il serait «très grave» que le maire ne se rende pas à Manhattan pour le 25e anniversaire «de cette blessure sanglante et terrible pour New York».

«Il faut laisser la politique de côté», a dit à CNN cet homme qui a travaillé sous l’ancien maire Michael Bloomberg et auprès de familles de victimes des attentats, même si M. Coffey n’est lui-même «pas souvent d’accord avec le maire» Mamdani.

À moins d’un changement de programme, il faudra donc s’attendre à voir le maire de 34 ans à Ground Zero le 11 septembre prochain, lorsque seront lus les noms de toutes les personnes tuées ce jour-là en 2001 et que seront observés des moments de silence, comme le prévoit le 9/11 Memorial & Museum.

«Le maire – un New-Yorkais qui avait 9 ans le jour de l’attaque et qui a partagé le deuil de cette ville au lendemain des événements – tient à rassembler les New-Yorkais pour honorer ce souvenir solennel», a dit sa porte-parole Dora Pekec à CNN. «Il ne se livrera pas au genre de division que cette ville rejette.»

Qui est Zohran Mamdani? D’élu local largement inconnu à premier maire musulman de New York: Zohran Mamdani, 34 ans, issu d’une famille d’intellectuels de la diaspora indienne et homme de gauche du Parti démocrate, s’est imposé en quelques mois dans le paysage politique américain.

Socialiste revendiqué et opposant résolu à Donald Trump, il a été le vainqueur surprise de la primaire démocrate en juin, avant d’être élu à l’automne 2025 à la tête de la plus grande ville des États-Unis.

Né en Ouganda, il est arrivé aux États-Unis à l’âge de 7 ans. Ancien conseiller en prévention des saisies immobilières et ancien rappeur, il est devenu le premier maire musulman de la ville, le premier né en Afrique et le premier d’origine sud-asiatique, en plus d’être le plus jeune maire de New York depuis plus d’un siècle.

Avec de l’information de The Associated Press