Le marais d’Okefenokee en Géorgie, un temple bouddhiste richement décoré du XIIIe siècle en Thaïlande et des étendues cotidales de l’ouest de la Corée du Sud figurent parmi les nombreux sites inscrits samedi sur la Liste du patrimoine mondial lors d’une réunion du comité de l’ONU en Corée du Sud.
Les réunions de l’UNESCO à Busan, qui se poursuivront jusqu’à mercredi prochain, examinent des dizaines d’autres candidatures, notamment les plages du débarquement de Normandie en France, le mont Olympe en Grèce et les anciennes capitales japonaises d’Asuka-Fujiwara.
Le marais d’Okefenokee est considéré comme l’un des plus grands écosystèmes d’eau douce au monde. Il englobe un vaste réseau de zones humides qui abrite une biodiversité exceptionnelle et constitue la source de deux grands fleuves.
Ses couches de tourbe, en grande partie intactes, conservent l’historique des changements environnementaux sur 5000 ans, faisant de ce marais à la fois un habitat naturel d’importance mondiale et une source précieuse d’informations sur les changements environnementaux à long terme, selon une description de l’UNESCO.
Si l’inscription au patrimoine mondial place la réserve naturelle nationale d’Okefenokee au même rang que des sites emblématiques des États-Unis, tels que le Grand Canyon, certains habitants se sont opposés à cette inscription, craignant qu’elle n’accroisse l’implication de l’ONU dans la gestion du site.
«Nous acceptons cette inscription non pas comme une ligne d’arrivée, mais comme un engagement à préserver l’Okefenokee à l’état sauvage, résilient et florissant pour les générations à venir», a dit Kim Bednarek, directrice générale de l’association à but non lucratif Okefenokee Swamp Park, qui a collaboré avec le gouvernement américain à la préparation du dossier de candidature de la réserve.
Un temple bouddhiste
Le Wat Phra Mahathat Woramahawihan, un temple bouddhiste du XIIIe siècle situé dans le sud de la Thaïlande, connu pour son stupa de 78 mètres et son architecture distinctive, a également été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, devenant ainsi le neuvième site thaïlandais.
Selon la description de l’UNESCO, ce temple, qui demeure un lieu de culte vivant préservant des traditions religieuses qui attirent de nombreux fidèles, est un exemple remarquable d’architecture bouddhiste theravada. La candidature du temple a été proposée pour la première fois à l’UNESCO en 2012, et plus d’une décennie de préparatifs a été nécessaire pour répondre aux critères de nomination.
Si l’inscription au patrimoine mondial devrait entraîner une forte augmentation du nombre de visiteurs au temple, Kanop Ketchart, maire de la ville de Nakhon Si Thammarat, a déclaré que les autorités étaient prêtes à relever les défis potentiels en matière d’infrastructures et de capacité d’accueil.
«Nous avons préparé nos infrastructures, notre zone tampon et notre plan d’évacuation afin de répondre à toutes les exigences de l’UNESCO», a-t-il affirmé lors d’un entretien accordé à l’Associated Press ce mois-ci. «Plus important encore, la population s’est habituée à tout ce processus depuis près de dix ans. Elle attend donc cet événement avec beaucoup d’impatience.»
Sarnath, un ancien site bouddhiste situé dans la ville de Varanasi, au nord de l’Inde, est un autre lieu de culte asiatique récemment inscrit sur la Liste du patrimoine mondial.
Reconnu comme le lieu sacré où le Bouddha a prononcé son premier sermon, ce site conserve une importance considérable sur les plans architectural et archéologique, malgré des périodes de déclin et de renouveau, a indiqué l’UNESCO.
Des sites environnementaux
Le comité a également ajouté quatre zones humides côtières supplémentaires aux «getbols», ces étendues cotidales sud-coréennes figurant déjà sur la liste.
Elles sont situées à Seosan, Goheung, Muan et Yeosu, dans l’ouest du pays. L’UNESCO en avait déjà inscrit quatre en 2021 pour leur biodiversité et leur rôle crucial en tant que halte migratoire pour les oiseaux.
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a déclaré que l’extension de l’inscription des étendues cotidales «réaffirme l’importance de la coopération internationale pour la conservation de l’écosystème de la mer Jaune et de la voie migratoire Asie de l’Est-Australasie», une voie migratoire majeure qui s’étend de l’Arctique à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande en passant par l’Asie.
Une autre nouvelle inscription sur la Liste du patrimoine mondial concerne les sites de l’industrie artisanale de la porcelaine, vieille de plusieurs siècles, situés dans la ville de Jingdezhen, dans l’est de la Chine.
Ces sites retracent l’évolution de la production artisanale de porcelaine en Chine du Xe au XIXe siècle, mettant en valeur les innovations qui ont contribué à faire de Jingdezhen un centre de premier plan pour la porcelaine fine, dont la porcelaine bleu et blanc est devenue un symbole mondial de l’artisanat chinois, selon l’UNESCO.
La nation insulaire des Comores, située dans l’océan Indien, a obtenu sa première inscription au patrimoine mondial après que le comité a inscrit six villes historiques datant du XIe siècle, qui sont par la suite devenues les principaux centres urbains des sultanats du pays.
L’UNESCO indique que ces villes reflètent des siècles d’échanges culturels à travers les réseaux commerciaux de l’océan Indien, tout en préservant des traditions urbaines distinctives façonnées par les influences africaines, arabes et islamiques.
