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Cuba se défendra contre toute «agression terroriste», dit son président

«Cuba a dû affronter de nombreuses infiltrations terroristes et agressives en provenance des États-Unis depuis 1959.»

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Un homme circule à vélo le long de la baie de La Havane à Cuba, avec une raffinerie de pétrole en arrière-plan, le jeudi 12 février 2026. (Photo AP/Ramon Espinosa) Un homme circule à vélo le long de la baie de La Havane à Cuba, avec une raffinerie de pétrole en arrière-plan, le jeudi 12 février 2026. (Photo AP/Ramon Espinosa) (Ramon Espinosa)

Cuba va se défendre avec «détermination» face à toute «agression terroriste» contre sa souveraineté, a déclaré jeudi le président Miguel Diaz-Canel, au lendemain d’un échange de tirs meurtrier entre les occupants d’une vedette immatriculée en Floride et des gardes-côtes cubains.

«Cuba se défendra avec détermination et fermeté face à toute agression terroriste et mercenaire contre sa souveraineté et stabilité nationale», a déclaré sur X le chef de l’État.

La Havane a dénoncé mercredi une tentative d’«infiltration à des fins terroristes» d’un groupe armé après avoir abattu au large de l’île quatre occupants d’une vedette immatriculée en Floride, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis.

Outre les quatre personnes tuées, six autres occupants de la vedette ont été blessés après avoir été interceptés dans les eaux territoriales cubaines.

«Cuba a dû affronter de nombreuses infiltrations terroristes et agressives en provenance des États-Unis depuis 1959», année de la révolution menée par l’ancien dirigeant Fidel Castro, «avec un coût élevé en vies humaines, en blessés et dégâts matériels», a dénoncé, également sur X, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.

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Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait indiqué dès mercredi que les États-Unis enquêtaient sur cette fusillade.

«Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d’informations, nous serons prêts à réagir en conséquence», a-t-il dit.

Interrogé sur la possibilité que cet épisode ait impliqué du personnel du gouvernement américain ou soit une opération du gouvernement américain, M. Rubio a catégoriquement répondu: «Non».

Anti-castristes

Ce violent affrontement survient alors que les tensions entre Washington et La Havane se sont intensifiées ces dernières semaines, l’embargo pétrolier de facto imposé par le président Donald Trump à ce pays communiste aggravant une crise économique qui dure depuis des années.

Selon le gouvernement cubain, les hommes à bord de la vedette étaient en possession notamment de fusils d’assaut, d’armes de poing, d’engins explosifs de fabrication artisanale, de gilets pare-balles et de vêtements de camouflage.

La vedette rapide a été interceptée au large de la côte nord de Cuba, près du Cayo Falcones, dans la province de Villa Clara (centre). Selon La Havane, des «coups de feu» ont été tirés depuis l’embarcation contre les effectifs cubains qui s’approchaient pour procéder à son identification, blessant le commandant du navire.

Les membres du groupe armé sont «des Cubains résidant aux États-Unis» et «la plupart d’entre eux ont des antécédents connus d’activité délictueuse et violente», a précisé le ministère de l’Intérieur, qui a publié les noms des six occupants de la vedette blessés, ainsi que celui d’un tué.

Selon le gouvernement cubain, deux des blessés «figurent sur la liste nationale des personnes et entités qui (…) ont fait l’objet d’enquêtes pénales et sont recherchées par les autorités cubaines».

Les autorités cubaines indiquent également qu’un Cubain «envoyé depuis les États-Unis pour assurer la réception du groupe armé infiltré a été arrêté sur le territoire national» et «a avoué ses actes».

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Avant l’annonce de La Havane sur la présence à bord d’un groupe armé, le procureur général de Floride, James Uthmeier, avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. «Le gouvernement cubain n’est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes», a-t-il écrit sur X.

En 1997, La Havane avait été le théâtre de six attentats à l’explosif contre des objectifs touristiques. Un Italien séjournant dans un des hôtels avait été tué.

Deux Salvadoriens avaient été à l’époque condamnés à trente ans de prison. Leur procès avait été l’occasion pour La Havane de mettre sur le banc des accusés les exilés anti-castristes radicaux de Floride, et notamment Luis Posada Carriles.

Cet anti-castriste notoire, mort aux États-Unis en 2018, était accusé par La Havane d’avoir fait exploser un avion de ligne cubain en 1976, ainsi que d’être à l’origine de la vague d’attentats de 1997.

Les États-Unis ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l’île de 9,6 millions d’habitants. Ils appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la «menace exceptionnelle» que ferait peser sur la sécurité nationale américaine ce pays situé à seulement 150 km des côtes de la Floride.