Le gouvernement cubain a défendu mardi le rôle du conglomérat d’entreprises de l’armée, GAESA, créé selon lui pour faire face à l’embargo américain, et dénoncé des «calomnies» de la part des États-Unis sur ce groupement d’entreprises sanctionné par Washington.
Le 20 mai, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, dans un message en espagnol adressé à la population cubaine avait accusé les dirigeants cubains de vol, de corruption et de répression. Il avait notamment mis en cause le conglomérat d’entreprises lié à l’armée, le «Groupe d’administration d’entreprises» (GAE) aussi connu sous le nom de GAESA.
«Le GAE n’est pas une structure opaque, ni parallèle à l’État cubain ; au contraire, il a représenté une réponse articulée dont l’efficacité a été prouvée face au siège économique qui, historiquement, essaie d’asphyxier la révolution cubaine», ont réagi les autorités dans une déclaration officielle diffusée sur le site de Granma, le quotidien du Parti communiste cubain (PCC).
Il n’est pas le «produit du secret, ni d’élites et encore moins la voie d’enrichissement de quelques uns. Au contraire, il est un des nombreux exemples qui (…) nous a permis de résister à l’agression permanente du gouvernement des États-Unis», ajoute le gouvernement.
L’opposition cubaine dénonce une structure qui échappe à tout contrôle institutionnel et ne rend pas de comptes devant le Parlement.
La Havane accuse le décret présidentiel signé par Donald Trump le 1er mai, qui vise notamment les entreprises étrangères qui collaborent avec ce conglomérat lié à l’armée, de chercher à «isoler le pays».
Il s’agit de l’«escalade la plus intense, disproportionnée et dangereuse dans l’histoire récente des relations entre Cuba et les États-Unis», dénonce le gouvernement qui dresse une liste des «services rendus à la Patrie» par GAESA, de la construction de logements au soutien de l’économie pendant le Covid-19, en passant par des investissements dans une centrale électrique et des installations hydrauliques.
Selon Marco Rubio, farouche opposant au gouvernement communiste de La Havane, «Cuba n’est pas contrôlé par une quelconque +révolution+, Cuba est contrôlé par GAESA» qui possède, selon lui, «18 milliards de dollars d’actifs et contrôle 70% de l’économie cubaine».
En mai, GAESA a été sanctionné directement par Washington qui a notamment gelé tous ces avoirs aux États-Unis et met désormais la pression sur les entreprises étrangères qui collaborent avec le conglomérat.
L’entreprise minière canadienne Sherritt, un des plus grands investisseurs étrangers à Cuba et qui exploitait du nickel et du cobalt dans l’est de l’île, a ainsi récemment rompu son partenariat avec GAESA.
