Les secours népalais tentaient vendredi d’évacuer plus d’une centaine d’ouvriers bloqués dans un tunnel sur le chantier d’un barrage hydroélectrique depuis la crue qui a fait au moins 472 morts mercredi à la frontière du Népal et de la Chine, a-t-on appris auprès de l’armée.
«Nous avons été informés que des personnes sont coincées dans un tunnel» du site de construction du barrage de Trishuli, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’armée, Raja Ram Basnet.
«Deux hélicoptères ont été dépêchés sur place mais il reste très difficile de localiser les entrées du tunnel», a-t-il ajouté.
Les services du premier ministre népalais ont précisé que 350 ouvriers et habitants du secteur avaient déjà été évacués de ce secteur par l’armée «dans des conditions très risquées et rendues difficiles par les conditions météo et la crue».
«L’armée est toujours à l’œuvre pour tenter d’évacuer plus d’une centaine d’autres personnes encore coincées dans un tunnel», ont-ils ajouté.
«Je n’ai pas de nouvelle depuis que je lui ai parlé ce jour-là à 7 h», a confié à la presse Sita Adhikari, dont le mari figure parmi les ouvriers coincés. «Nous ne savons pas non plus où en sont les efforts pour les sauver», a-t-elle regretté.
L’Inde a annoncé qu’elle se préparait à envoyer au Népal une équipe de sauveteurs spécialisés.
«Une équipe de reconnaissance va être d’abord déployée pour évaluer la situation sur le terrain», a indiqué le porte-parole du ministère indien des Affaires extérieures, Randhir Jaiswal.
«Tous emportés»
En 2023, des ingénieurs et des mineurs indiens étaient parvenus à sauver 41 ouvriers bloqués dans un tunnel de l’État de Uttarakhand (nord) au terme de dix-sept jours d’efforts.
Plusieurs barrages sont en construction dans la région du Népal frappée par la crue.
«Il y avait au moins 400 ouvriers» mercredi sur le chantier, a confié à l’AFP l’un des ouvriers évacués du site par hélicoptère, Dev Shrestha. «Il y a probablement plus de morts que de personnes évacuées», a-t-il estimé.
Un autre ouvrier, Buddha Tamang, a pour sa part indiqué avoir réussi à échapper à la catastrophe parce qu’il se trouvait dans un des tunnels du chantier au moment où la puissante vague d’eau et de boue a déferlé sur le site.

«J’ai survécu parce que j’étais dans le tunnel», a-t-il expliqué à l’AFP après son évacuation dans un camp de fortune dressé par les autorités dans la localité voisine de Bidur.
«Des cadres (du chantier) travaillaient de l’autre côté, ils ont tous été emportés», a-t-il témoigné.
Un autre ouvrier évacué du site croisé par l’AFP, Arjun Kumar Tamang, a évoqué des «dégâts considérables» sur le chantier. «Je ne sais pas combien de personnes sont mortes mais la force de l’eau a tout balayé», a-t-il décrit.
La crue a causé d’énormes dégâts aux infrastructures énergétiques du Népal.
L’autorité nationale responsable de l’électricité a indiqué que 11 barrages hydroélectriques et une centrale solaire, d’une puissance combinée de 431 mégawatts, étaient à l’arrêt depuis mercredi, soit 10% de la capacité totale de production du pays.