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Crise migratoire: Ceuta et Melilla, portes d’entrée terrestres vers l’Europe

Les deux territoires sont protégés par des clôtures renforcées de barbelés, de caméras vidéo et de miradors.

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Plus de 60 000 migrants traversent la frontière depuis le Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta Environ 60 000 migrants ont traversé la frontière ces derniers jours entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. Il était difficile vendredi de savoir clairement ce qui a provoqué cette soudaine arrivée en masse de migrants en provenance du Maroc, principalement des jeunes hommes et des adolescents.

Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, en Afrique du Nord, seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique, constituent des tremplins pour l’immigration clandestine vers l’Europe continentale.

Frontières renforcées

Ceuta, ancienne colonie romaine de 84 000 habitants, couvre environ 18 kilomètres carrés et se situe juste de l’autre côté du détroit de Gibraltar, en face de l’Espagne.

Elle a été conquise par les Arabes puis par les Portugais, et est sous souveraineté espagnole depuis 1640.

Melilla, qui s’étend sur environ 200 kilomètres carrés, est perchée à l’extrémité orientale de la côte méditerranéenne du Maroc, et est sous contrôle espagnol depuis 1497.

Elle compte une population d’environ 87 000 habitants, dont près de la moitié sont musulmans. Des milliers de Marocains s’y rendent chaque jour pour y travailler et faire leurs courses.

Les deux territoires sont protégés par des clôtures renforcées de barbelés, de caméras vidéo et de miradors. Par le passé, des migrants sont morts ou ont été blessés en tentant de franchir ces barrières.

Territoires disputés

Les deux enclaves furent conquises dans le cadre d’une stratégie des rois catholiques visant à établir des avant-postes de la chrétienté sur le continent africain, après l’expulsion des Maures et des Juifs d’Espagne en 1492.

Revendiquées par le Maroc, les deux villes sont depuis longtemps un point de tension dans les relations diplomatiques entre Madrid et Rabat, Madrid affirmant qu’elles constituent des parties intégrantes de l’Espagne.

Les deux villes portuaires se sont développées comme centres militaires et commerciaux reliant l’Afrique à l’Europe et, depuis les années 1990, bénéficient d’un statut comparable à celui d’autres régions autonomes comme le Pays basque et la Catalogne.